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Les intervenants ne s'entendent pas sur les méthodes pour mettre fin à l’itinérance à Ottawa

Un rapport produit par la Ville d'Ottawa conclut que le plan de la municipalité pour lutter contre l'itinérance ne porte pas ses fruits. Il y a plus d'itinérants aujourd'hui qu'il n'y en avait en 2014. Les intervenants sont d'avis que des actions doivent être prises pour améliorer la situation, mais ils ne s'entendent pas sur lesquelles.

Le plan de la Ville d’Ottawa pour mettre fin à l’itinérance a été adopté en 2014 pour une période de 10 ans.

Cette année-là, 6502 personnes ont utilisé les services des refuges d'urgence à Ottawa. Quatre ans plus tard, ce nombre a grimpé à 7530.

Neuf cent quatre-vingt-neuf (989) familles ont elles aussi eu recours à ces services, en 2017, soit 300 de plus qu'en 2014.

Selon le conseiller du quartier Rideau-Vanier, les efforts pour mettre fin à l’itinérance devraient être dirigés en premier vers ces familles démunies.

« On a des familles qui se retrouvent dans les hôtels et les motels d’Ottawa. On en a plus de 180. C’est un chiffre qui augmente. On doit agir à ce niveau-là. [...] Si la Ville est capable de débourser 3,5 millions de dollars, on est capable de mieux loger les gens. Ce n’est pas un logement permanent, ça ne permet pas aux familles de se stabiliser » a déclaré Mathieu Fleury.

Les intervenants sont d'avis que des actions doivent être prises pour améliorer la situation, mais ils ne s'entendent pas sur lesquelles.

Le chercheur sur les questions d’itinérance et professeur à l’Université d’Ottawa, Tim Aubry, critique l’approche préconisée par la Ville.

Il estime que la Ville devrait miser sur le programme Logement d’abord et non sur la construction de refuges.

« Les meilleurs programmes ont un taux de rétention de 90 %. Ça veut dire que quelqu’un qui était peut-être itinérant pendant des années est capable de rentrer dans un logement et rester là [en plus de] mettre un terme à son itinérance », a expliqué M. Aubry.

M. Aubry dit que la Ville tend à favoriser la construction de foyer de groupe. La Ville a donné, en novembre dernier, son aval pour la construction d’un refuge de 350 lits, dont 140 lits permanents, au chemin Montréal dans le quartier Vanier.

« C’est l’inverse de Logement d’abord, explique-t-il. C’est une stratégie de traitement d’abord parce qu’on les amène et on les garde dans le refuge. On parle de 9 à 12 mois avant qu'ils soient prêts à vivre dans la communauté. C’est contre la philosophie de Logement d’abord. »

Cohabitation possible entre les refuges et Logement d'abord

Le conseiller du quartier Bay, Mark Taylor, croit que l’approche des refuges et celle du programme Logement d’abord peuvent cohabiter et venir en aide à différentes clientèles d’itinérants.

« Si vous demandez à ceux qui gèrent les refuges, ils vous diront qu’ils font, eux aussi, du Logement d’abord », a-t-il dit.

M. Taylor a présenté son rapport, jeudi, devant le Comité des services communautaires et de protection.

Le rapport sur la stratégie de lutte contre l’itinérance et ses recommandations sera soumis au vote du conseil municipal, sous peu.

D’après le reportage du journaliste Stéphane Leclerc

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