Retour

Les jours du Sentier récréatif de Prescott et Russell sont-ils comptés?

Certains maires de l'Est ontarien se questionnent sur la pertinence de maintenir le Sentier récréatif de Prescott et Russell, sachant que ce dernier est loin d'attirer des hordes de cyclistes.

Ce corridor long de 72 kilomètres permet de découvrir, à son rythme, des coins un peu plus reculés des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR). Il ne requiert aucun droit d'accès ni de frais de stationnement.

À première vue, la création de cette piste cyclable aménagée sur une ancienne emprise ferroviaire était une bonne idée, mais il y a un problème : elle demeure en grande partie sous-utilisée.

« L'utilité pour les bicyclettes, je crois que c'est passé. Il n'y a pas assez de gens qui passent là », affirme Guy Desjardins, le maire de la Cité de Clarence-Rockland et président des CUPR.

Des accotements plus populaires

Les bords de chaussée des routes de comté, qui ont été aménagés pour accueillir les cyclistes, remporteraient beaucoup plus de succès auprès de ces derniers que le sentier.

« Au cours des deux dernières années, nous avons commencé à paver les accotements des routes de comté pour, justement, amener les cyclistes qui peuvent arrêter en restauration, en hébergement, en changement d'équipement », précise le directeur général des CUPR, Stéphane Parisien.

À cela s'ajoute, selon M. Parisien, le fait que le corridor aménagé ne semble guère avoir la cote auprès des motoneigistes en hiver.

« Ça sert de tronçon d'accès pour aller vers les autres sentiers. C'est comme une autoroute. Je peux vous faire une analogie : c'est comme aller sur la 401. C'est plate! Donc, quand on emprunte le sentier récréatif en motoneige, c'est plate », lance-t-il.

Ce constat amène les maires des CUPR à se demander si les sommes investies pour maintenir le Sentier récréatif en valent la peine.

Un entretien coûteux

La question est soulevée, alors que les Comtés unis sont à la recherche de solutions pour renflouer leurs réserves, et ce dans un contexte de restrictions budgétaires.

« C'est une affectation de notre budget de l'ordre de 400 000 $ par année en entretien, en investissements sur des ponts, du personnel, pour des retombées qui sont très difficiles à quantifier, voire même presque nulles », souligne Stéphane Parisien.

La majorité du sentier est recouvert de poussière de roche, mais certaines sections situées à proximité de zones urbaines sont pavées. C'est notamment le cas à Bourget, dans le secteur de la Cité de Clarence-Rockland.

Si les CUPR venaient à se retirer de la gestion du dossier, des municipalités pourraient être intéressées à s'entendre individuellement avec VIA Rail, qui est propriétaire du corridor, afin de maintenir le tronçon sur leur territoire.

Le bail entre les CUPR et la compagnie ferroviaire arrive à échéance en 2020.

D'après un reportage du journaliste Denis Babin

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine