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Les partisans de hockey seraient plus nombreux avec un aréna au centre-ville d'Ottawa

Les Sénateurs d'Ottawa profiteraient grandement d'un déménagement au centre-ville, selon un sondage commandé par Radio-Canada et effectué sur Internet auprès de 1067 personnes de la région à la fin janvier.

Un texte de Jonathan Jobin

Parmi les répondants au sondage, 54 % affirment qu'ils iraient voir plus de matchs de l'équipe si son domicile se trouvait sur les plaines LeBreton. La proportion est encore plus grande chez les sondés de Gatineau, qui sont 56 % à affirmer qu'ils iraient voir plus souvent les Sénateurs dans un nouvel aréna.

« Avec un aréna au centre-ville, ça nous rapproche. Tout va être plus simple. C'est moins de temps, moins d'investissement en énergie », mentionne Anne-Camille Simard, une partisane de longue date, qui a aussi réalisé un travail de maîtrise sur les Sénateurs. Elle ajoute que 500 000 personnes de plus vont habiter plus près du futur emplacement de l'aréna.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, se réjouit aussi de voir ces chiffres et croit que c'est un appui clair au développement des plaines LeBreton.

« Je pense que le sondage est une bonne nouvelle pour notre plan. Il y a beaucoup d'appuis au conseil. C'est bon pour l'équipe et pour le centre-ville en même temps », dit-il. Selon lui, le nouvel emplacement de l'aréna sera bénéfique pour tous.

Plusieurs problèmes à régler

Le club de hockey ne devrait pas se réjouir trop vite de ces données, croit toutefois le professeur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) André Richelieu, spécialisé en marketing du sport. « C'est facile de dire qu'on va faire quelque chose sans qu'il y ait d'engagement concret », mentionne M. Richelieu.

D'ailleurs, 36 % des répondants au sondage ont mentionné qu'un nouvel aréna ne changerait pas leurs habitudes.

Selon M. Richelieu, l'équipe doit régler bien d'autres problèmes pour assurer sa survie avant de mettre tous ses oeufs dans le même panier avec un nouveau domicile.

« Le danger [avec la promesse d'un nouvel aréna] c'est que vous créez des attentes et vous cannibaliser votre produit actuel. C'est très dangereux de promettre quelque chose qui arrivera peut-être un jour, mais peut-être jamais », poursuit le professeur de l'UQAM.

D'ailleurs, André Richelieu croit que l'organisation devrait avant tout s'assurer d'offrir un bon produit sur la glace, notamment en gardant les services de son capitaine Erik Karlsson à long terme.

« Le hockey est un divertissement de luxe. Quand on demande aux gens de payer un Premium pour aller voir les matchs, il faut leur donner un produit Premium », dit M. Richelieu. « Erik Karlsson, c'est la colle qui tient cette équipe. C'est le point d'ancrage émotionnel. Il est le lien entre les partisans et l'équipe. »

Le problème Eugene Melnyk

Alors que les assistances aux matchs des Sénateurs ont atteint des creux historiques dans les dernières années, les sorties répétées du propriétaire, Eugene Melnyk, et ses propos malhabiles ne font rien pour aider.

En décembre dernier, le milliardaire a mentionné qu'il pourrait déménager l'équipe si les partisans ne se rendent pas en plus grand nombre au Centre Canadian Tire.

Même si seulement 40 % des répondants à notre sondage s'inquiètent d'un déménagement des Sénateurs, André Richelieu croit que le propriétaire a causé des torts pratiquement irréparables.

La partisane Anne-Camille Simard ajoute que l'organisation doit faire plus d'efforts pour se rapprocher de sa clientèle francophone, un peu comme le Rouge et Noir au football.

Les Sénateurs doivent aussi arriver au 21e siècle dans leur façon de communiquer avec les partisans.

« C'est plutôt une communication qui est unidimensionnelle et très classique. Des soirées d'appréciation militaire, de combien en avons-nous besoin réellement? Les soirées à thèmes sont rares et l'équipe fait le strict minimum. Du côté linguistique, les communications ne sont que superficiellement bilingues », souligne l'amatrice de hockey, rappelant que, sur les médias sociaux, pratiquement tout se fait en anglais.

En conclusion, André Richelieu tient des propos effrayants pour les partisans de hockey de la région. « Ça passe ou ça casse. Je dirais même qu'il faudrait s'organiser pour que quelqu'un rachète l'équipe. Si la tendance se maintient, les Sénateurs ne seront plus à Ottawa dans cinq ans », prédit le spécialiste en marketing du sport.

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