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Les pays d'en haut, Piment fort : recyclage, manque d'originalité ou simple nostalgie?

 

Lundi soir, des centaines de milliers de téléspectateurs seront à l'écoute de l'émission Les pays d'en haut, une nouvelle adaptation du roman Un homme et son péché. Le public se prépare aussi à accueillir une deuxième mouture de Piment fort dans les prochaines semaines. Recyclage, manque d'originalité ou simple nostalgie?

Un texte de Julien Morissette, à Les malins plaisirs

De la fin des années 50 au début des années 70, près de 500 épisodes du téléroman Les belles histoires des pays d'en haut ont été diffusés à Radio-Canada. L'hiver 2016 marque le retour à la télévision de Donalda, Séraphin, Alexis et le curé Labelle dans l'univers créé par Claude-Henri Grignon dans la décennie 1930.

Signe de notre nostalgie collective?

Selon André Béraud, premier directeur des émissions dramatiques et longs métrages à Radio-Canada, cet exercice de relecture d'un classique télévisuel serait une première dans la récente histoire de Radio-Canada. Le diffuseur a été séduit par la proposition des producteurs et artisans des Pays d'en haut plutôt que d'y voir une stratégie de commercialisation.

Brigitte D'Amours, scénariste et formatrice à L'institut national de l'image et du son (L'inis), croit aussi que l'approche moderne du réalisateur Sylvain Archambault (Mensonges, Les Lavigueur, Piché : Entre ciel et terre) éloigne la série de toute forme de récupération du succès du téléroman original. Elle affirme cependant que la résurrection de la franchise est un succès garanti en raison de la grande place occupée par les personnages dans l'imaginaire collectif.

Le chroniqueur et animateur Dave Ouellet, alias McGilles (C'est juste de la TV, Infoman, Paparagilles), n'est pas surpris de l'engouement suscité par Les pays d'en haut. Comme partout dans le monde, le public du Canada francophone a un côté nostalgique qui se manifeste dans le succès d'émissions comme Les enfants de la télé et les rediffusions de La petite patrie et Les belles histoires des pays d'en haut sur ICI ARTV.

Quant à Jacques L'Heureux, figure emblématique de la nostalgie télévisuelle grâce à son rôle de Passe-montagne, il y voit un besoin du public de trouver un certain réconfort avec des univers connus. Il ne cache pas sa tendance à préférer des projets plus novateurs et originaux - comme Série noire - à la relecture de grands classiques comme Les pays d'en haut.

Malgré les critiques et les interrogations soulevées, la majorité des intervenants se réjouissent de l'enthousiasme du public pour une création québécoise plutôt qu'un concept d'émission acheté ailleurs dans le monde.

Dès lundi, les téléspectateurs pourront se plonger à nouveau dans l'univers de la colonisation du nord avec ces personnages emblématiques de notre héritage littéraire et télévisuel.

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