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Les policiers d’Ottawa de moins en moins satisfaits et engagés, selon un sondage

Un sondage interne révèle des taux élevés d'insatisfaction et de désengagement dans les rangs des policiers d'Ottawa. Les agents se plaignent notamment du manque d'effectifs et de considération de la part de leurs dirigeants.

Selon cette étude, qui est réalisée tous les trois ans, les agents se disent fiers de faire partie du Service de police d'Ottawa (SPO), mais ils trouvent que leur travail est difficile.

Lors du sondage, en février dernier, 8 employés sur 10 du SPO, soit 77 %, ont rapporté être désengagés à un niveau ou un autre au travail. Plus précisément, 37 % des membres du corps policier se sont dits désengagés et 40 % ont indiqué être parfois désengagés.

À titre de comparaison, en 2012, ces proportions étaient de 20 % et 43 % respectivement.

Afin d'améliorer la situation, les policiers souhaiteraient tout d'abord que plus d'agents soient ajoutés sur le terrain. Ils aimeraient ensuite que le processus d'affectation à différentes unités ou services soit amélioré. Ils voudraient enfin que la façon dont sont attribuées les promotions soit modifiée.

Sur ce dernier point, les policiers trouvent que la formule actuelle est dévalorisante et ils ressentent du favoritisme.

L'Association des policiers d'Ottawa reconnaît la frustration de ses membres et ses causes.

Le président de l'organisme, Matt Skof, ajoute que le nombre élevé d'accusations, formulées par l'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario, contre des policiers d'Ottawa, mine aussi le moral des troupes.

« C'est déjà six cette année qui ont été accusés. Cela a un très gros impact sur le reste des professionnels qui sont dans la rue et qui veulent faire leur travail », explique M. Skof.

Le chef Bordelau réagit

Le chef du SPO, Charles Bordeleau, indique qu'après six ans de gel des embauches, la police d'Ottawa aura 75 nouveaux agents au cours des trois prochaines années.

Il estime qu'il s'agit d'une mesure importante, parce qu'en plus du manque d'effectifs, le corps policier doit gérer un taux d'absentéisme plus élevé qu'il ne l'a été au cours des 10 dernières années.

« On continue à remplacer les membres qui partent à la retraite et nous allons ajouter des effectifs. L'accent sera mis sur les gangs de rue, la violence conjugale et les membres qui sont absents du travail pour des raisons médicales », souligne M. Bordeleau.

Il indique également que le processus d'affectation des agents est actuellement en révision, afin de répondre aux critiques des policiers.

D'après un reportage de Stéphane Leclerc

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