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Les producteurs laitiers canadiens seront-ils les prochains à s'inviter dans la campagne électorale?

La colère gronde de plus en plus dans l'industrie laitière parce que des transformateurs recourent de plus en plus à des protéines liquides provenant des États-Unis. Certains aimeraient que cela devienne un enjeu de la campagne.

Des producteurs laitiers dénoncent le fait que ces protéines liquides soient importées librement et en grandes quantités, puis utilisées sans aucune limite par les géants du secteur laitier.

Ces derniers les utilisent afin de fabriquer notamment des fromages et des yaourts.

« Cela affecte beaucoup la croissance des fermes, parce qu'ils viennent porter une grosse quantité de produits laitiers ici que nous serions capables de fournir », explique Bruno St-Pierre, un producteur laitier de l'Est ontarien.

Ce déséquilibre, ajoute Bruno St-Pierre, cause des pertes de revenus pour la plupart des producteurs.

« On a eu une baisse de 8 ¢ le litre. Et ça, pour une ferme de 50 vaches comme ici, en lactation, cela représente tout près de 50 000 $ par année », calcule-t-il.

Une pratique plus économique

Si l'utilisation de ces protéines liquides a augmenté au fil des ans, c'est qu'elle permet aux transformateurs de réduire leurs coûts de production.

« Cette protéine-là est beaucoup moins chère que la protéine que nous pouvons acheter. Le coût de la protéine produite par les producteurs canadiens est beaucoup plus élevé que les protéines achetées à l'extérieur », indique le directeur général de la Fromagerie St-Albert, Éric Lafontaine.

L'entreprise n'utilise que du lait produit localement pour la fabrication de son fromage. La coopérative mise sur des produits de niche, afin de demeurer compétitive, mais le défi reste de taille.

« Des fois, on peut perdre certains contrats parce que nous sommes trop chers, parce que notre substance première est plus chère », avoue le directeur général.

Avec la campagne électorale fédérale qui bat son plein, les producteurs laitiers pourraient profiter de l'occasion pour manifester publiquement leur mécontentement. Dans l'Est ontarien, une rencontre doit avoir lieu demain à Saint-Eugène pour discuter des moyens de pression envisagés.

D'après un reportage de Denis Babin

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