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« Les produits naturels, ce n'est plus un marché de niche », selon The Green Beaver

Depuis 2001, l'entreprise The Green Beaver relève le défi de concevoir, fabriquer et distribuer des produits entièrement naturels et biodégradables. Basée à Hawkesbury, dans l'Est ontarien, la compagnie a le vent dans les voiles et des idées d'expansion.

L'entreprise a une politique « portes ouvertes » en tout temps, afin de permettre au public de visiter les installations. C'est ce qu'a fait l'équipe du Téléjournal Ottawa-Gatineau, guidée par le copropriétaire Alain Ménard.

Les lieux ressemblent à un laboratoire, avec une vaste salle de production - appelée « la cuisine - où on mélange et prépare les produits (soins du visage et des cheveux, savons de toutes sortes, produits pour bébés, dentifrice, déodorant, etc.). Les items sont ensuite embouteillés et étiquetés, avant d'être envoyés à l'entrepôt.

C'est la conjointe d'Alain Ménard qui a eu l'idée de fonder l'entreprise. Biochimiste de formation, Karen Clark travaillait pour une compagnie qui développait et commercialisait des pesticides.

Le couple ayant le projet de fonder une famille, « elle s'est mise à regarder les ingrédients des shampooings pour bébés, la nourriture », explique M. Ménard. « Elle a commencé à formuler ses propres produits, comme passe-temps le soir. Elle fabriquait des crèmes, des shampooings, des dentifrices à partir d'ingrédients naturels seulement. »

Elle voulait que tous ses produits soient comestibles. Je peux vous dire qu'ils le sont, mais pas tous bons au goût!

Alain Ménard, The Green Beaver

En 1996, Karen quitte son emploi suivi trois ans plus tard par Alain, qui délaisse ainsi l'industrie pharmaceutique. Leur entreprise est officiellement fondée en 2001, année de naissance de leur fils.

Un produit de plus en plus grand public

Développer des produits naturels constitue un défi en soi. Alain Ménard estime qu'il faut en moyenne une vingtaine d'essais avant d'identifier la formule « qui est stable, donc qui n'aura pas de moisissures et pas de séparation. »

À cela s'ajoute le fait que « les conservateurs naturels ne sont pas aussi efficaces que les conventionnels, les synthétiques », ajoute-t-il. « Quand on y arrive, on sait que ce sont des produits sécuritaires. »

Les efforts ont porté leurs fruits. The Green Beaver a misé sur un secteur plus risqué, mais en pleine croissance. Le marché a d'ailleurs évolué en 15 ans. « La demande est beaucoup plus forte », constate Alain Ménard.

La demande pour les produits de soin personnel pour enfants et bébés est en grosse croissance.

Alain Ménard, The Green Beaver

Les consommateurs s'intéressent davantage à ce qu'ils appliquent sur leur peau, mais ils sont aussi plus sensibles aux rejets de ces produits dans l'environnement, notamment dans les cours d'eau.

« Les produits naturels, ce n'est plus un marché de niche. Ça se dirige dans le conventionnel - dont les épiceries à grande surface, les pharmacies - ce qui fait que la croissance est exponentielle », note M. Ménard.

« Ça nous met une pression, parce qu'il faut produire plus », ajoute-t-il. D'ailleurs, ils ont dû bâtir un nouvel espace de production l'automne dernier, ce qui a nécessité d'empiéter sur l'entrepôt. L'entreprise, à l'étroit, doit maintenant louer de l'espace.

Des produits locaux

Alain Ménard se fait par ailleurs une fierté d'exploiter son entreprise dans l'Est ontarien, en tant que représentant de la quatrième génération. L'entreprise donne la priorité aux ingrédients biologiques locaux.

Misant toujours sur l'innovation, M. Ménard caresse l'idée d'acquérir une ferme pour y cultiver tournesols, lavande et camomille, pour les utiliser dans les produits.

Alain Ménard se voit bien d'ailleurs en « chef agriculteur », espérant du même souffle que son fils prenne la relève pour la fabrication des produits.

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