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Les règles d'accès à la pornographie revues dans les bibliothèques d'Ottawa

La Bibliothèque publique d'Ottawa (BPO) resserre finalement ses règles pour les usagers qui consultent du matériel pornographique ou d'autres contenus explicites sur ses ordinateurs publics.

La semaine dernière, une mère de famille, Jennifer St. Pierre, s'était indignée du fait que les usagers de la bibliothèque avaient le droit de consulter de tels contenus sur Internet dans les différentes succursales.

Elle et ses filles avaient été ébranlées de voir un homme visionner du contenu pornographique sur un ordinateur de la succursale Greenboro.

Après avoir défendu la liberté intellectuelle de ses usagers, la Bibliothèque publique d'Ottawa a décidé de mettre à jour sa politique, en raison des plaintes.

Le conseiller municipal Tim Tierney, président du conseil d'administration de la Bibliothèque publique d'Ottawa, souhaite que l'organisme s'arrime à ce qui se fait à Vancouver, Gatineau et Calgary.

« Ils ont déjà un système en place où, si quelqu'un regarde quelque chose de controversé, que ce soit de la pornographie ou autre, si la situation est signalée à un bibliothécaire, ce dernier ira voir l'usager pour lui demander de fermer le tout », explique-t-il.

Auparavant, le code de conduite de la Bibliothèque publique d'Ottawa demandait au personnel de déplacer les usagers qui consultaient du matériel explicite dans des endroits plus discrets.

L'organisme demandera maintenant aux usagers de s'abstenir d'afficher sur les écrans des contenus qui peuvent être jugés offensants dans un espace public, que ce soit des textes ou des images.

Pas de nouveaux filtres

Toutefois, les bibliothécaires n'exerceront pas de surveillance sur les usagers et aucun nouveau filtre informatique sur le contenu ne sera ajouté.

La directrice de la Division des programmes et services à la Bilbiothèque publique d'Ottawa, Monique Brûlé, rappelle que les ordinateurs sont munis de filtres qui bloquent certains sites illicites et que les filtres sont plus nombreux lorsque ce sont des enfants qui utilisent les postes Internet.

Pour Jennifer St. Pierre, ces mesures restent insuffisantes. « Ce n'est pas vraiment une solution, puisque certains enfants verront quand même des images bouleversantes pour eux », souligne-t-elle.

Elle souhaite plutôt que des filtres bloquent tout accès à la pornographie. Elle ajoute que les bibliothèques devraient être des endroits accueillants et sécuritaires pour les enfants.

Règles plus sévères à Gatineau

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, les usagers de la Bibliothèque municipale de Gatineau sont soumis à des règles plus strictes.

Avant d'entreprendre une session sur un ordinateur public, l'usager doit accepter des conditions d'utilisation qui interdisent la consultation de sites pornographiques ou haineux.

Les postes Internet pour enfants et adolescents comportent des filtres, mais pas ceux pour adultes.

Toutefois, la Bibliothèque a bloqué de façon intentionnelle plusieurs sites controversés. L'usager qui voudrait les consulter voit sa session se fermer automatiquement.

Carole Laguë, chef de la Division bibliothèque et lettres de la Ville de Gatineau, soutient que l'organisme n'a pas retenu l'option des filtres pour les postes de travail pour adultes, puisque certains chercheurs pourraient se voir bloquer l'accès à des sites tout à fait appropriés. Mme Laguë donne l'exemple d'une recherche sur le cancer du sein.

« Les filtres ne sont pas infaillibles », dit-elle. « C'est une fausse sécurité, car ils sont facilement contournables. »

Tout contrevenant récidiviste s'expose à des pénalités qui peuvent aller jusqu'à l'expulsion des succursales de la Bibliothèque municipale de Gatineau pour une durée déterminée.

Avec les informations du journaliste Dominique Degré

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