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Les soeurs cloîtrées de Gatineau nous ouvrent leurs portes

Elles habitent leur couvent du Vieux-Hull, à Gatineau, depuis 1902. Leur foi a traversé les époques et elles se sont adaptées aux nouvelles réalités, en acceptant notamment les demandes de prières par courriel. Les Servantes de Jésus-Marie se préparent toutefois à vivre l'un des plus grands bouleversements de l'histoire de la congrégation : la vente de leur couvent, suivie d'un déménagement.

La congrégation a annoncé, le 25 novembre dernier, avoir conclu une entente avec la Commission de la capitale nationale (CCN), qui deviendra la nouvelle propriétaire des lieux. Les soeurs ont trois ans pour faire leurs valises. Le plan prévoit l'ajout d'une nouvelle aile au Centre diocésain de Gatineau, qui sera occupé entièrement par la communauté.

Leur projet de déménagement dans l'édifice du quartier Mont-Bleu est l'aboutissement d'un long cheminement pour les Servantes de Jésus-Marie. Elles ne sont plus que 47 soeurs cloîtrées dans la communauté religieuse et 42 d'entre elles vivent au couvent de la rue Laurier.

Elles ont exploré les options qui s'offraient à elles pendant cinq ans, un processus difficile sur le plan émotionnel. Le changement était devenu nécessaire, en raison de la diminution du nombre de religieuses et de leur vieillissement.

« On a apprivoisé l'idée, mais quand viendra le temps de faire les boîtes et les valises, il y aura un deuil à faire », affirme la mère-servante de la congrégation, soeur Marie-du-Bon-Pasteur. « Nos racines sont ici, mais ce qui a guidé notre réflexion et notre décision, c'est qu'on s'est dit que la mission est plus importante que la maison, elle peut se vivre ailleurs et peut-être qu'un renouveau peut être bénéfique. »

Elle ajoute qu'il était difficile de faire un témoignage de pauvreté, alors que seul un petit groupe de soeurs vivait maintenant dans la grande demeure.

Après avoir pris la décision de vendre, la congrégation a procédé à l'exhumation des corps qui reposaient dans la crypte. Le Fondateur et 119 défuntes ont été inhumés dans un cimetière de Gatineau, en juin dernier, une étape difficile du processus de déménagement pour certaines membres de la communauté.

« C'était comme les laisser partir une deuxième fois, comme un deuxième deuil », indique Marie-du-Bon-Pasteur.

Une longue présence en Outaouais

La communauté religieuse des Servantes de Jésus-Marie a été fondée à Masson, en 1895. À l'époque, quatre soeurs étaient installées dans une étable, près de l'église du village. La congrégation s'est ensuite déplacée vers Aylmer, avant de s'installer de façon permanente à Hull au début du 20e siècle.

Les soeurs cloîtrées ont très peu de contact avec le monde extérieur. Elles ne sortent généralement que pour se rendre à des rendez-vous médicaux.

On ne veut pas juste réciter les prières, on veut être le plus possible en présence de Dieu et tournées vers le Seigneur.

Marie-du-Bon-Pasteur

« On ne peut pas prier dans le bruit, dans le tapage, dans l'activité incessante. La vie contemplative, c'est pour donner ce cadre qui favorise la prière », explique la mère-servante, qui souligne que la vie des soeurs est dédiée uniquement à la prière.

Elles représentent maintenant la dernière communauté religieuse cloîtrée dans la région de la capitale nationale.

D'après les informations de la journaliste Josée Guérin

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