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Les terrains de Zibi, un lieu « sacré », selon des manifestants

Quelques centaines de personnes ont marché, vendredi, depuis l'île Victoria jusqu'à la colline du Parlement pour réclamer la protection pour les générations futures des îles près de la chute des Chaudières.

Le groupe a exprimé son opposition à l'octroi de 60 millions de dollars par la Ville d'Ottawa pour la décontamination des terrains du projet résidentiel et commercial Zibi du groupe Windmill.

Rachel Prud'homme a participé à la manifestation. Elle est de descendance algonquine et habite tout près du secteur. Elle a dit avoir confiance que « le grand esprit là-haut » entende les préoccupations des Autochtones.

Depuis des milliers d'années, le site nommé Akikodjiwan est un lieu de rencontre sacré pour les Autochtones, selon Mme Prud'homme. C'est pourquoi certains d'entre eux s'opposent au projet Zibi.

C'est comme si les résidents d'Ottawa payaient des millions de dollars pour détruire une cathédrale , a pour sa part fait valoir l'aînée algonquine Jane Chartrand.

Anne-Marie Hogue prenait aussi part à la marche. Elle est membre du groupe Free the Falls et estime que les Autochtones n'ont pas été dûment consultés.

C'est bien beau de dire qu'on a consulté les Algonquins, mais ce n'est pas les Algonquins dans leur ensemble, croit-elle. Du moins, c'est ce que nous disent les aînés.

La « désacralisation » dénoncée

L'aîné algonquin Albert Dumont a dit trouver incroyable que certains leaders de la communauté puissent à la fois célébrer le patrimoine culturel autochtone et appuyer un projet immobilier qui équivaut à la désacralisation des lieux.

Cette proposition viole l'engagement du gouvernement fédéral de promouvoir la réconciliation et son endossement de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, a-t-il affirmé.

Rappelons que le site du projet Zibi a été abandonné par la compagnie Domtar en 2007. En 2013, le groupe Windmill a acheté les terrains de l'ancienne papetière des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Le promoteur compte construire et aménager des logements, des commerces, des bureaux et des parcs sur les îles des Chaudières et Albert, entre Ottawa et Gatineau.

Avec les informations de Gilles Taillon

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