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Les trois aspirants gardiens francophones des 67 d'Ottawa se racontent

Les 67 d'Ottawa auront deux gardiens de but francophones dans leur formation cette saison. L'équipe a envoyé Leo Lazarev aux Colts de Barrie, laissant le champ libre à Olivier Lafrenière, Olivier Tremblay et Cédrick Andrée.

Un texte de Kim Vallière

Ces trois gardiens qui aspirent à une place au sein de la formation ottavienne partagent une langue maternelle, mais ont des parcours différents, qui sont racontés sur leur masque respectif. Ils ont accepté de les partager.

Olivier Lafrenière

« Mon premier masque de gardien de but avait Spider-Man dessus. J’ai donc décidé que le premier que j’allais faire personnaliser allait être un hommage à ce super héros », explique d’entrée de jeu le hockeyeur originaire de Bradford, en Ontario.

Le masque, peint par un artiste de Thunder Bay, comporte un dessin de Spider-Man sur le côté gauche ainsi que de ces ennemis à droite. Un logo des 67, placé sur des toiles d’araignées, se trouve sur le dessus du casque. Les lettres OLI, le surnom de Lafrenière, se retrouvent sous le grillage protecteur.

« Le devant est plus amusant, tandis que l’arrière du masque est plus personnel », continue-t-il. De nombreux éléments parsèment l’objet, comme une fleur de lys, qui représente l’attachement du joueur franco-ontarien à la francophonie et son lien avec le Québec, d’où ses parents sont originaires.

Un dessin d’enfant, fait par Lafrenière lui-même, alors qu’il avait quatre ou cinq ans, fait également partie de la mosaïque. « Pour la fête des Pères, j’avais dessiné un Spider-Man. Mon père a découpé l’image, l’a encadré et l’a mis dans son bureau », explique le jeune homme de 19 ans.

Lafrenière est le seul gardien au camp d’entraînement des 67 d’Ottawa qui possède de l’expérience dans la Ligue de hockey de l’Ontario. Lafrenière partageait les responsabilités devant le filet avec Leo Lazarev l’année dernière. Son objectif est clair cette fois-ci : devenir le numéro un du club ottavien.

Sa confiance en ses capacités de percer l’alignement est telle qu’un nouveau masque est déjà en chantier, avec un nouveau superhéros, que Lafrenière refuse de nommer pour le moment.

Olivier Tremblay

Le gardien de 20 ans ne pensait pas se retrouver à Ottawa, après quatre saisons dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Le vétéran n’avait plus sa place avec les Huskies de Rouyn-Noranda, ni ailleurs dans le circuit Courteau. Il a donc pris le chemin de la Ligue de hockey de l’Ontario, son ancien masque dans son sac.

« J’aime ça quand c’est simple », indique Tremblay, en parlant du fini mat de l’objet et des détails qui s’y retrouvent. « J’utilise toujours la même peintre, je lui dis un peu ce que je veux et je lui fais confiance pour le reste. »

Le masque du natif du Saguenay-Lac-Saint-Jean comporte le logo des Huskies de chaque côté, ainsi que des éléments rappelant la ville de Rouyn-Noranda, comme des conifères.

C’est derrière le casque protecteur que le gardien a placé une photo qui lui tient à coeur. On y voit Tremblay prendre la pose aux côtés de Xavier, un jeune homme de 18 ans atteint de trisomie.

« C’est mon frère de pension, là où je restais quand j’étais avec les Tigres de Victoriaville », explique-t-il, en parlant de la relation bâtie pendant les deux années avec cette famille d’accueil.

« J’ai créé un gros lien avec lui. Des fois, il y a des affaires dures qui arrivent dans ta vie… Lui a déjà eu trois opérations à coeur ouvert! Tu réalises que tu es vraiment bien dans ta peau et chanceux d’être en santé. »

Si Tremblay parvient à se tailler un poste avec les 67, il promet que Xavier se retrouvera encore une fois sur son casque, parce qu’il « a porté chance jusqu’à maintenant ».

Cédrick Andrée

Le masque que Cédrick Andrée porte pour son premier camp complet de hockey junior a connu de meilleurs jours. Impossible maintenant de voir le numéro 30 et la feuille d’érable qui étaient présents sur le casque lorsque le natif d’Orléans l’a reçu il y a un an. Des rondelles se sont occupées d’émietter la peinture.

Il l’a usé à une école préparatoire, The Gunnery, aux États-Unis, où il évoluait la saison dernière. Le choix de 12e ronde des 67 en 2016 porte encore le slogan en latin de l’institution de chaque côté de son casque, qui veut dire « un bon étudiant fait une bonne personne ».

La recrue d’Ottawa continue de s’adapter à la vitesse du jeu et à la puissance des tirs des joueurs de niveau junior. Il espère mêler les cartes en se taillant une place dès cette année au sein de l’équipe qu’il encourageait lorsqu’il était petit. Il a même déjà réfléchi à un concept pour son masque de gardien des 67.

« Je voudrais faire quelque chose pour le 50e anniversaire de l’équipe, en mettant Brian Kilrea dessus ou quelque chose de vraiment spécial dessus », raconte Andrée.

Ce que leur entraîneur pense de la situation des gardiens

« Je ne sais pas si c’est déjà arrivé dans l’histoire de la OHL. C’est spécial, c’est sûr », s’est exclamé André Tourigny, en parlant de ses trois gardiens francophones.

Le nouvel entraîneur-chef de l’équipe n’est pas prêt à prendre une décision sur le duo qui amorcera la saison à Ottawa. Il veut encore les voir à l’oeuvre en situation de match avant de faire tomber le couperet.

« Olivier Lafrenière, c’est un gars qui a beaucoup de talent. C’est un gros bonhomme et il faut voir jusqu’où on peut l’amener. Olivier Tremblay, c’est un gars qui a prouvé des choses au Québec. En Ontario, c’est quelque chose de complètement différent, c’est à lui de nous montrer où il se situe avec nos autres gardiens. Cédrick Andrée est un jeune gardien avec beaucoup de désirs et d’intensité. À 17 ans, il faut qu’il amène des ajustements sur sa façon de garder les buts. On verra ce que ça donne et après ça on prendra des décisions », a expliqué l’homme de hockey.

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