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Les urgences de l'Outaouais sont toujours engorgées

La situation dans les urgences des hôpitaux de l'Outaouais demeure préoccupante, malgré les mesures mises en place depuis le 26 janvier par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

Depuis une semaine, 37 patients ont été transférés de l’hôpital vers d’autres milieux d’hébergement, libérant ainsi des lits de courte durée, a rapporté, vendredi, la direction du CISSS de l'Outaouais. Le nombre de personnes occupant inadéquatement ces lits, amplifiant l’engorgement aux urgences, est ainsi passé de 178 à 141.

L'idée était de libérer un certain nombre de places aux urgences pour accélérer la prise en charge d'autres patients. Mais malgré ces mesures, la situation reste problématique. Vendredi midi, le taux d’occupation des civières dépassait tout de même 165 % dans trois des sept urgences de la région.

La situation dans nos urgences, ce matin, ce n'est pas mieux que c'était. Alors on a même une aggravation du taux d'occupation.

Daniel Tardif, président-directeur général adjoint du CISSS de l'Outaouais

« La pointe, la semaine passée, était essentiellement dans le secteur de l'Hôpital de Papineau. Aujourd'hui, on se retrouve avec Hull et Gatineau qui ont une augmentation importante du taux d'achalandage », a indiqué le président-directeur général adjoint du CISSS, Daniel Tardif, en point de presse.

Le CISSS de l'Outaouais poursuit ses efforts. Ses administrateurs comptent transférer 16 autres personnes d’ici le 9 février dans le but de libérer des lits.

Une situation décriée

Le président de l'organisme Santé Outaouais 2020, Andrew Gibson, a déploré, vendredi, la situation des urgences en Outaouais.

Selon lui, les longs temps d'attente aux urgences sont devenus la norme, sans qu'il y ait de perspectives de solutions à long terme.

« C'est des situations qui vont arriver de façon récurrente perpétuelle si les racines du problème n'ont pas été abordées. Donc nous, on suit comment le CISSSO réagit pour régler le problème à court terme, mais on veut aussi des mesures de court, moyen et long terme », a exposé M. Gibson.

Un système sous-financé historiquement, il y a des conséquences comme celles qu'on voit en ce moment avec le débordement.

Andrew Gibson, président de Santé Outaouais 2020

Jean-François Lisée réagit

De passage dans la région, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a dénoncé la situation, citant les propos du coroner qui avait dit que l'urgence de l'Hôpital de Gatineau est l'une des pires en Occident.

Il aussi affirmé que l'Outaouais est victime de l'hypercentralisation du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

« Le Dr Barrette a fait une centralisation des soins autour de la figure du médecin, qui est une figure honorable, mais nous on veut décentraliser. J'appelle ça le ­"big bang". Nous, on veut faire un "big bang" pour que les infirmières aient davantage de gestes cliniques à poser de façon autonome que les pharmaciens. Ce sont des décisions de désengorgement et aussi de réduction des coûts », a-t-il affirmé.

D'après les informations de Florence Ngué-No

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