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Les Vénézuéliens d'Ottawa participent en grand nombre à un plébiscite

Des millions de Vénézuéliens ont participé dimanche à une consultation populaire sur le projet de Constitution du président Nicolas Maduro. Au bureau de vote d'Ottawa, la diaspora vénézuélienne a confié ses craintes quant à l'avenir de son pays, empêtré dans une crise politique depuis des mois.

Un texte de Yasmine Mehdi

Une ambiance bon enfant régnait dans le Centre communautaire Jack-Purcell d'Ottawa, dimanche après-midi, alors que plusieurs Vénézuéliens de la région s'exprimaient sur l'avenir de leur pays natal.

Selon une organisatrice du plébiscite d'Ottawa, Aymara Agreda Coll, ils étaient plus de 600 à s'être déplacés pour répondre à trois questions concernant la crise qui sévit présentement au Venezuela.

Le scrutin, organisé par la société civile vénézuélienne, n'est pas reconnu par le gouvernement Maduro. Des observateurs se trouvaient néanmoins dans les bureaux de vote pour s'assurer de la validité du processus.

« On voulait que les gens s'expriment, étant donné la situation tellement grave qui a lieu au Venezuela. », a affirmé Mme Agreda Coll. « C'était nécessaire. »

Comme pour plusieurs Canadiens d'origine vénézuélienne, la famille de Mme Agreda Coll vit toujours dans la république d'Amérique latine.

Elle espère que le plébiscite de dimanche pourra « restaurer la démocratie » dans son pays natal, qui fait face à des manifestations violentes et à des pénuries alimentaires depuis plusieurs mois.

« Les gens ont compris qu'il faut s'unir, il faut être ensemble. C'est la seule façon de pouvoir renverser ce gouvernement », a-t-elle déclaré.

Alfredo Lascoutx, un autre membre du comité organisateur, a confiance que la forte mobilisation de la communauté influencera le gouvernement canadien à faire pression sur le gouvernement Maduro.

« C'est le plus grand événement démocratique de résistance civile organisé dans le continent ces dernières années », a plaidé l'ex-journaliste ayant été contraint de quitter son pays il y a sept ans.

Il souligne également qu'une détérioration de la situation au Venezuela pourrait avoir des conséquences concrètes sur le Canada, notamment en provoquant un afflux de demandeurs d'asile.

La jeunesse vénézuélienne désenchantée

De nombreux jeunes Vénézuliens comptaient parmi les votants à Ottawa.

Jose Ascanio, 33 ans, vit à Ottawa depuis quinze ans. Il explique avoir immigré au Canada en quête d'une meilleure qualité de vie, mais espère pouvoir un jour retourner auprès de sa famille restée au Venezuela.

Andrea Osuna, 23 ans, a pour sa part quitté Caracas pour Ottawa il y a trois ans. La jeune femme, qui espère aussi un jour retourner dans son pays natal, tenait à participer au plébiscite.

« Je ne suis pas au Venezuela. C'est ma seule façon d'aider les gens courageux qui se battent [contre le régime] », a-t-elle expliqué.

Son ami, Jhonatan Paulino, a abondé dans le même sens.

« Ça fait mal, parce qu'on est bien au Canada. Mais on pense à notre famille et à nos amis qui sont en danger [...] qui manquent de nourriture et de médicaments », a déploré le jeune homme.

Plus de 2600 points de vote étaient ouverts à travers le monde, dont 2000 au Venezuela et 18 au Canada.

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