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Loi Guertin : vives réactions à la mise en demeure de Denise Laferrière

La mise en demeure déposée jeudi par la conseillère Denise Laferrière et la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec pour faire invalider la loi 227 sur le projet Guertin suscite de vives réactions à Gatineau.

La principale intéressée se défend et affirme qu'il est important de faire cette démarche, puisqu'elle juge que la situation n'est pas équitable pour l'ensemble des citoyens.

« Je juge que c'est important de faire ce genre de requête là. C'est comme si ça n'a pas d'importance [...] la manière dont on écrit [la loi]. Pourtant ça en a une très grande, parce que c'est là-dessus qu'on se base », a expliqué Mme Laferrière en entrevue avec Radio-Canada.

Le maire de Gatineau soutient que cette démarche n'est pas fondée et qu'il ne s'en inquiète pas outre mesure. Maxime Pedneaud-Jobin affirme qu'il s'agit encore une fois d'acharnement de la part des opposants au projet Guertin.

« L'immense majorité des gens pensent que c'est un bon projet pour Gatineau. Puis même ceux qui n'aiment pas ça disent qu'il faut que ça finisse. Je pense que l'opposition va être jugée par les gens de Gatineau », a-t-il dit.

Le député de Chapleau, Marc Carrière, qui a parrainé le projet de loi encadrant l'entente de gré à gré entre la Ville de Gatineau et le groupe Vision Multisports Outaouais (VMSO) s'en remet aux juristes du gouvernement. Il indique que le cheminement du projet de loi 227 et son adoption ont été faits, selon lui, dans les règles de l'art.

Des conseillers dénoncent la mise en demeure...

Plusieurs autres élus municipaux ont aussi réagi. Le candidat à la mairie et conseiller du district de Touraine, Denis Tassé, s'est dit surpris par la mise en demeure, même s'il a lui-même dénoncé certains aspects du projet Guertin. Il soutient qu'un processus d'appel d'offres en bon et due forme aurait évité ce genre de situation.

Le président du conseil municipal, Daniel Champagne, croit que la démarche personnelle de Mme Laferrière est de l'acharnement et qu'elle n'est d'aucune façon dans l'intérêt du bien commun.

« Une décision a été prise de façon majoritaire par le conseil municipal d'une part. D'autre part, on a un projet de loi privé adopté de façon unanime à l'Assemblée nationale. Il me semble qu'on devrait comprendre que le processus a été fait en bonne et due forme », a-t-il témoigné.

Le conseiller du district de la Rivière-Blanche, Jean Lessard, se dit également en désaccord avec cette mise en demeure. Selon lui, les Gatinois en ont assez du dossier Guertin.

« Il faut aller de l'avant avec les projets. Ça prend trop de temps, on dépense beaucoup d'énergie sur ces projets-là et les autres projets n'avancent pas. Malheureusement, ça retarde tout et, à un moment donné, il faut prendre des décisions et il faut aller de l'avant », a-t-il lancé.

...et un autre appuie la démarche de Denise Laferrière

Seul le conseiller Jocelyn Blondin appuie la démarche de Mme Laferrière. Il affirme que les opposants ont droit à leur opinion et qu'il est de leur devoir de s'assurer que le projet qui été adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale l'ait été dans les règles de l'art.

Tout comme Mme Laferrière, M. Blondin en a contre le fait que la loi sur le futur aréna Guertin, adoptée le 14 juin, fasse référence à la loi 122 sur l'autonomie des villes, adoptée le 15 juin, soit le lendemain.

« [Mme Laferrière] a découvert qu'il y avait des choses qui n'avaient pas été bien faites au niveau de la loi. On a utilisé un projet de loi qui n’avait même pas été déposé encore pour en modifier un autre », a-t-il dit.

D'après un reportage de Nathalie Tremblay

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