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Madeleine Meilleur se retire du poste de commissaire aux langues officielles

Madeleine Meilleur se retire du poste de commissaire aux langues officielles, a annoncé mercredi la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

Cela fait des semaines que Mme Meilleur est sous les projecteurs en raison du processus qui a mené à sa nomination. Des groupes francophones et les partis d'opposition ont vertement critiqué le gouvernement pour avoir nommé une ancienne ministre libérale de l'Ontario à un poste d'agent du Parlement, dont la nature est impartiale.

C'est en raison de ces controverses que Mme Meilleur a décidé de retirer sa candidature.

« Considérant cette situation, j'en ai conclu que ma capacité d'assumer cette fonction pleinement et d'agir au nom des Canadiens serait grandement compromise », a-t-elle écrit dans une lettre transmise à Mme Joly mardi.

En mêlée de presse, la ministre du Patrimoine canadien a maintenu, mercredi, que le processus de sélection s’était fait dans les règles et était fondé sur le mérite. Elle n’a pas voulu dire si elle avait demandé ce retrait à Mme Meilleur ou si elle avait tenté de la convaincre de ne pas démissionner.

« Mme Meilleur a pris sa décision, m'a informée et, bien entendu, j'ai accepté », a-t-elle mentionné. « J'aurai l'occasion, au cours des prochains jours, de vous informer des prochaines étapes. »

Une bonne décision, selon l'opposition

Cette décision a été accueillie avec satisfaction par les partis d'opposition à la Chambre des communes.

« Il est évident que Mme Meilleur a posé le geste qui s’imposait dans les circonstances », a commenté le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, blâmant Justin Trudeau pour « ce gâchis ».

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a lui aussi envoyé une flèche au premier ministre. « Je pense qu’aujourd’hui, Mme Meilleur a montré qu’elle a un bon jugement, qui est mieux que le premier ministre sur ce sujet », a-t-il estimé.

Un geste honorable, selon plusieurs organismes

Plusieurs organisations francophones considèrent que la décision de Madeleine Meilleur est honorable.

« Avec cette décision, elle a fait passer son engagement envers la dualité linguistique et la francophonie avant ce qu’elle aurait personnellement souhaité. Nous l’en remercions », a réagi la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) par voie de communiqué. « Maintenant, il reste à nommer un ou une commissaire aux langues officielles qui, dès le début de son mandat, aura la confiance des communautés, des parlementaires et du public. »

Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, qui a déposé une demande de contrôle judiciaire à la Cour fédérale cette semaine concernant le processus de nomination de Mme Meilleur, croit que cette dernière a bien fait de se retirer.

« Je pense que c’était la chose à faire, malgré que Mme Meilleur, dans tout ça, elle se retrouve un peu comme une victime, dans le sens où ça aurait été mieux si le gouvernement avait pris ses responsabilités face à un processus de nomination qui a été floué depuis le début », a dit Kevin Arseneau.

« C’est une surprise que Mme Meilleur enlève sa candidature », a de son côté commenté le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin. « L’AFO respecte sa décision. Je suis sûr que c’était une décision difficile à prendre. »

Un passage difficile devant le Sénat

Le passage de Mme Meilleur devant le Sénat cette semaine a été difficile, selon Martin Normand, chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l'Université d'Ottawa.

« Elle répondait difficilement aux questions qui portaient sur la réalité d’autres communautés que celle des Franco-Ontariens. On sentait que les sénateurs étaient exaspérés face à ses réponses », a observé M. Normand. « Autant elle que le gouvernement devaient sentir que les sénateurs étaient très divisés, et qu’au final, le vote aurait pu être en sa défaveur. »

Un regard vers l'avant

Le porte-parole du NPD en matière de langues officielles, François Choquette, regarde maintenant vers l'avant.

« C’est la semaine prochaine que le mandat de la commissaire par intérim terminait. Il faudrait le prolonger pour un autre six mois. Prenons le temps, laissons retomber la poussière. Prenons le temps de consulter les gens directement touchés, c’est-à-dire les communautés de langues officielles, les francophones et anglophones au Québec. Prenons le temps de consulter les chefs de l’opposition et faisons un processus qui va plaire à tout le monde », a-t-il souhaité.

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