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Manifestation pour le maintien à Ottawa du centre non autorisé d'injection supervisée

La volonté de la Ville d'Ottawa de fermer le centre non autorisé d'injection supervisée qui a pignon sur rue dans un parc de la Basse-Ville a soulevé la colère et l'indignation de dizaines de citoyens, vendredi midi.

Les manifestants se sont donnés rendez-vous devant l’hôtel de ville d’Ottawa pour exprimer leur frustration et pour remettre aux élus une pétition signée par 600 personnes.

En raison de l'ouverture, mardi, du centre temporaire d'injection supervisée de Santé publique Ottawa (SPO) au 179, rue Clarence, le conseiller Mathieu Fleury a demandé à ce que le centre non autorisé dans le parc Raphael-Brunet ferme ses portes.

Or, les bénévoles qui gèrent ce centre ont confirmé, il y a quelques jours, qu'ils n'ont pas l'intention de plier bagage volontairement. Les promoteurs du projet au parc Raphael-Brunet disent que leur travail n'est pas terminé.

« On continue à travailler avec Santé publique Ottawa. Donc, il n’y a pas de problème là. Eux, ils n’ont pas la capacité d’accueillir [tout] le monde qui utilise des drogues à Ottawa. Si on ne travaille pas ce soir, demain soir ou les jours suivants, il va y avoir des gens qui vont mourir », a déclaré le manifestant Justin Piché, un professeur agrégé en criminologie à l’Université d’Ottawa.

Les manifestants de vendredi midi ont qualifié de « crise humanitaire » les nombreuses morts de toxicomanes survenues cette année, en raison de surdoses.

Les policiers pourraient intervenir, selon le conseiller

Plus tôt cette semaine, le conseiller Fleury a affirmé que les policiers pourraient intervenir pour forcer le centre non autorisé à fermer. Au cours d'un entretien téléphonique, vendredi, il a rappelé qu'il reconnaît toutefois la séparation des pouvoirs entre les élus et les policiers

« Je ne suis pas ici pour diriger les autorités. On a un bon processus de gouvernance. Les policiers sont indépendants. Mais, d’un autre côté, il ne faut pas faire l’autruche. Les autorités sont allées sur le site et vont continuer d’y aller et, un moment donné, elles vont agir », a-t-il affirmé.

De son côté, la conseillère municipale et présidente du Comité des services communautaires et de protection de la Ville d’Ottawa, Diane Deans, n’est pas convaincue que l'intervention de la police pour fermer le site est une bonne idée.

« Ces gens [les bénévoles] sauvent des vies dans notre communauté. Le besoin existe clairement et je crois qu’on ne peut pas utiliser un règlement municipal pour fermer le site », a-t-elle dit.

Fleury prêt à discuter

Des nombreux manifestants sont entrés dans l'hôtel de ville au cours du rassemblement et ont demandé, sans succès, à rencontrer le conseiller Fleury.

Au téléphone, il a expliqué à Radio-Canada qu’il n’était pas disponible, puisqu’il était en réunion. Toutefois, il s'est dit prêt à rencontrer les protestataires, en petit groupe, s'ils lui en font la demande de façon appropriée.

Avec les informations de Gilles Taillon et de Jean-Sébastien Marier

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