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Manque de couverture cellulaire : sécurité et développement économique compromis dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais

La dernière tempête de verglas a révélé aux résidents de Cantley qu'ils sont vulnérables en matière de télécommunications. Le réseau cellulaire étant peu fiable, certains optent pour la téléphonie par Internet, qui devient toutefois inaccessible lors d'une panne de courant. Un enjeu de sécurité publique, qui nuit au développement économique, déplorent les autorités.

Un texte de Camille Boutin

À Cantley, la distance des antennes cellulaires pour la Montée St-Amour, le chemin Lamoureux et le chemin St-Élisabeth sont source de préoccupation pour les citoyens. Elles sont situées trop loin pour capter un signal stable.

Ainsi, les citoyens qui comptent sur la téléphonie par Internet se retrouvent coupés du monde lors d’une panne de courant.

« Souvent, ça va nécessiter un déplacement d’aller chez un voisin par exemple qui aurait la couverture », explique la mairesse de Cantley, Madeleine Brunette.

Selon la préfète de la MRC des Collines-de-l’Outaouais, Caryl Green, peu d’antennes desservent son territoire par rapport à Gatineau.

« Toutes les municipalités demandent de l’aide pour aller chercher des services plus complets », explique Mme Green.

Le directeur du Service de sécurité publique de la MRC, Yves Charest, reconnaît que la mauvaise couverture cellulaire peut représenter un risque pour la population.

« Il faut être prévoyant. Il y a des alternatives pour les résidents et qui connaissent le problème, le radioamateur et les téléphones satellites par exemple », nuance-t-il.

Un désavantage pour les travailleurs autonomes

Des clients qui n’arrivent pas à rejoindre l’entreprise voulue, des textos qui sont reçus trop tard et des opportunités d’affaires manquées, voilà ce avec quoi les entrepreneurs et travailleurs autonomes de Cantley doivent composer.

« Tu espères une vente dans la journée pour ton client puis malheureusement, tu reçois tes messages le lendemain ou quand tu retournes en ville », explique Andrée Laniel, résidente de Cantley.

« Mon travail, c’est à partir de mon cellulaire ou de mon ordinateur », ajoute la conseillère indépendante Andrée Laniel, qui réside tout près de la montée Paiement.

C’est la même histoire pour Daniel Morin, résident de Cantley.

« Ma femme a le salon de coiffure Rachel au 845, montée Saint-Amour. On est dans la zone restreinte qui n’a pas accès au cellulaire et malheureusement, nos clients en souffrent », explique-t-il.

« Ça nuit beaucoup à nos entreprises et organismes, mais surtout, c'est une question de sécurité pour nos résidents », déplore la préfète, Caryl Green.

Trouver des solutions

La municipalité et la MRC des Collines-de-l’Outaouais ont fait des démarches auprès du gouvernement fédéral pour améliorer la situation.

« En ce moment nos agents de développement économique encouragent les fournisseurs comme Bell, comme Rogers à construire plus d'antennes pour la couverture cellulaire », affirme Caryl Green.

Or, le dossier stagne, selon la mairesse de Cantley. « Ce qui bloque, c’est probablement le manque d’investissement de la part des entreprises dans le domaine et ici je dirais [...] Le CRTC, peut-être, qui n’intervient pas suffisamment de façon rigoureuse », dit-elle.

En effet, les télécommunications sont de compétence fédérale, ce qui limite les possibilités d’action pour les municipalités. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) est également d’avis que la mauvaise couverture cellulaire nuit au développement de bien des localités, indique Patrick Lemieux, conseiller aux communications de l’organisme. L’UMQ présentera d’ailleurs une plateforme municipale lors de ses assises qui se tiendront dans moins de deux semaines à Gatineau.

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