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Marijuana et accusations criminelles : la région de Gatineau arrive au 2e rang au pays

Une enquête de CBC/Radio-Canada révèle que le dépôt d'accusations criminelles varie beaucoup d'un bout à l'autre du pays, en ce qui concerne la possession simple de marijuana. Les chiffres démontrent ainsi qu'il y a quatre fois moins de résidents de la région d'Ottawa qui sont accusés qu'à Gatineau, la seconde région au pays quant au nombre d'accusations déposées.

L'analyse des données indique qu'en 2014, les policiers ont déposé 187,71 accusations par 100 000 habitants âgés de 12 ans ou plus, dans la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Gatineau.

Dans le cas de la RMR d'Ottawa, on parle de 52,45 accusations par 100 000 habitants.

La palme revient à Kelowna, en Colombie-Britannique, avec 251 accusations liées à la marijuana, par 100 000 habitants. Il faut savoir que la moyenne canadienne est de 79 accusations.

Par ailleurs, le pourcentage d'incidents qui font l'objet d'accusations est de 56 % pour Gatineau, alors qu'il est de 40 % à Ottawa.

Un Gatinois a donc plus de risque de devoir rendre des comptes à la justice à cause de sa consommation de marijuana, comparativement à un Ottavien.

Les méthodes du SPVG remises en question

L'avocat Michel Swanston, qui exerce à Gatineau, souligne que des accusations de possession simple de marijuana peuvent avoir des conséquences insoupçonnées et fâcheuses.

« C'est un gros problème d'être accusé de possession. Cela va faire en sorte qu'on ne pourra pas avoir de cote de sécurité. Alors on peut penser à certains jeunes qui vont vouloir travailler dans la fonction publique », note-t-il.

Ce n'est pas un hasard si Me Swanston parle de la situation des jeunes contrevenants. Selon lui, les agents du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) ciblent particulièrement les jeunes conducteurs et effectuent plusieurs fouilles illégales, ce qui peut expliquer les chiffres.

« Si on vous demande de vous mettre sur le bas-côté, il y a de grandes chances que votre véhicule soit fouillé », croit l'avocat. « Et s'ils trouvent de la marijuana, ils vont ensuite dire qu'ils avaient des raisons valables pour fouiller la voiture et ils vont vous accuser. »

Réaction de la police de Gatineau

Le porte-parole du SVPG, Jean-Paul Lemay, ne partage pas du tout cette façon d'interpréter les chiffres. Il attribue plutôt ces statistiques à l'efficacité des contrôles effectués par les policiers.

« Tous nos policiers ont été formés à détecter l'ivresse au volant par la drogue. Donc, ça a mené à l'augmentation des accusations », soutient-il.

Michel Swanston souligne qu'il arrive à faire tomber les accusations pour beaucoup de ses clients, quand il parvient à prouver qu'il n'y avait aucun motif pour réaliser une fouille. Il regrette cependant les conséquences sur la vie de ceux qui se font condamner, parce qu'ils auront un dossier criminel.

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