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Meurtrier, voleur de banque, musicien : la vie abracadabrante du Tuxedo Kid

Près de 70 ans après sa mort, Léo-Rhéal Bertrand, dit Tuxedo Kid, continue à susciter bien de la curiosité. Dans un livre intitulé Tuxedo Kid - La beauté du diable, l'auteur gatinois Raymond Ouimet relate l'histoire abracadabrante du criminel notoire, pendu en 1951.

Un texte de Yasmine Mehdi

La salle était comble pour le lancement du livre, dimanche après-midi à la Maison du citoyen de Gatineau.

De nombreux amateurs d'histoire et de lecture se sont rendus sur place pour feuilleter l'ouvrage sur lequel Raymond Ouimet a travaillé pendant de longues années. Son enquête sur les traces de Léo-Rhéal Bertrand l'a notamment mené à Saint-Polycarpe, à Saint-Zotique et à Newton.

« Je suis allé interroger les gens, pour leur demander ce qu'ils savaient. J'ai tenté de corroborer leurs dires et j'ai mis de côté ce que je n'avais pas réussi à corroborer », explique l'auteur.

« J'avais une bonne raison de sortir ce livre. Je me disais qu'il fallait que je laisse quelque chose à mes petites-filles, pour qu'elles sachent que dans la vie, il y a des gens qui sont dangereux et qu'il faut faire attention quand on tombe amoureux. »

Tuxedo Kid, une saga en plusieurs temps

Léo-Rhéal Bertrand, surnommé Tuxedo Kid par les journalistes à cause du costume qu'il revêtait lors de ses apparitions en cour, a été reconnu coupable du meurtre de sa deuxième femme, Dolorosa Trépanier, au milieu du siècle dernier.

Un mystère plane toutefois sur la mort de sa première femme, Rose-Anna Asselin. En 1934, la jeune femme périt dans un accident de voiture duquel son mari se sort indemne.

« Il avait des assurances sur sa femme, qui entraient en vigueur quelques jours avant sa mort, comme par hasard », ironise Raymond Ouimet.

Accusé de meurtre, le juré l'innocente au terme d'un procès mouvementé.

« Ce qui est intéressant, ce sont tous les coups de théâtre dans son histoire. Il y a des criminels qui profitent d'une chance incroyable et qui peuvent continuer leurs déboires. Lui, c'est un cas assez à part », note l'auteur.

« Très jeune, il va commencer par aller écouter les confessions en se cachant dans les confessionnaux. Ensuite, il va voler des moutons, mais ce qui nous renverse, c'est que c'est un personnage plein de talents », poursuit-il.

Charmeur, intelligent, musicien dans l'âme, Léo-Rhéal Bertrand a plusieurs cartes dans sa manche. Ses nombreuses qualités ne l'empêcheront pas de passer douze ans en prison, après une tentative de braquage qui a mal tourné. Il purge sa peine à Kingston, en Ontario, puis à Prince Albert, en Saskatchewan.

Après sa sortie de prison, il se marie avec Dolorasa Trépanier, tout en gardant plusieurs maîtresses. Bien nantie, sa nouvelle épouse possède deux maisons à Ottawa, mais périt carbonisée dans un accident peu de temps après leur union.

Pour Tuxedo Kid, ce sera le crime de trop. Il s'entoure des meilleurs avocats, dont le futur maire de Montréal Jean Drapeau, mais le procès se solde tout de même par une condamnation à la potence. À la prison de Bordeaux, un bourreau signe la fin de son épopée.

« J'ai décrit la peine de mort comme elle se faisait dans les années 50, à partir des notes d'un agent de la Sécurité du Québec », précise l'auteur.

Valoriser la culture de l'Outaouais

Passionné d'histoire depuis son jeune âge, Raymond Ouimet s'est réjoui qu'autant de personnes se rendent au lancement de son livre.

« Même si ça ne rapporte pas beaucoup d'argent, l'important, c'est de pouvoir transmettre les choses, que les gens puissent connaître leur coin de rue, savoir ce qui s'est passé dans un endroit », explique-t-il.

Parmi les personnes s'étant déplacées, l'ex-archiviste en chef de l'Université d'Ottawa Michel Prévost, la députée de Hull Maryse Gaudreault et la conseillère municipale Isabelle Miron.

La vice-présidente de la Commission des arts, de la culture, des lettres et du patrimoine a salué le travail de M. Ouimet, tout en affirmant que la Ville de Gatineau devait davantage mettre en valeur son patrimoine.

« Ça devrait être la Ville qui prend ses responsabilités et qui met son histoire de l'avant », a déclaré Mme Miron.

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