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Mine d'or : un organisme canadien réussit un tour de force en RDC

Un organisme ontarien a réussi à importer légalement de l'or acheté à des mineurs artisanaux dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Il s'agirait d'une première mondiale, selon l'ONG en question, Partenariat Afrique Canada (PAC).

Un texte d'Annie Poulin

Les experts du secteur reconnaissent qu'il s'agit bel et bien d'un exploit : le pays est instable politiquement et la très grande majorité de son or est envoyé clandestinement à l'étranger.

La quantité est petite : 238 grammes d'or non raffiné. Mais l'organisme fait valoir que ce premier succès servira de modèle pour trouver des moyens légitimes d'acheter de l'or congolais.

PAC a travaillé dans la province congolaise de l'Ituri. Là-bas, l'or profite entre autres à des réseaux criminels et à des membres des forces armées, selon un récent rapport des Nations unies.

Pour exporter des métaux dont l'historique complet est connu, l'organisme a dû convaincre les mineurs locaux de lui vendre directement l'or qu'ils trouvent. Selon la directrice de l'organisme, Joanne Lebert, plus de 700 ouvriers ont accepté.

Comme l'exportation légale coûte cher, à cause des taxes, PAC se dit incapable d'offrir un meilleur prix que celui que les mineurs obtiennent habituellement sur le marché informel local. « Mais on offre l'assistance technique, donc à la fin de la journée, la production est plus haute », souligne Joanne Lebert.

En mai dernier, l'organisme d'Ottawa financé par Affaires mondiales Canada a importé son premier colis d'or « entièrement traçable ». L'exportation a nécessité 26 paiements différents en taxes et en frais, ce qui représente 15 % de la valeur totale de l'or qui était de 8450 $.

Guillaume de Brier, chercheur à l'institut belge International Peace Information Service, travaille à cartographier et à documenter les mines situées près de la ville de Mambasa, dans la province de l'Ituri.

Il croit que PAC a réalisé un « véritable tour de force » en mettant sur pied un réseau de mineurs qui vendent directement à l'organisme.

« Ce sera maintenant intéressant de voir comment ils arrivent à ce que les Congolais s'approprient le projet et continuent à garder une transparence de leur chaîne d'approvisionnement », observe-t-il.

Bijoux équitables en demande

Les anneaux sont forgés dans une bijouterie de Toronto qui se spécialise dans les bijoux faits de métaux et de pierres précieuses éthiques.

Le cofondateur de Fair Trade Jewellery, Robin Gambhir, affirme que la demande pour un maximum de traçabilité est grandissante.

Pour répondre aux exigences de ses clients, la bijouterie grave un code sur les anneaux qu'elle forge. Ce code numérique permet ensuite au propriétaire de l'anneau de chercher sa bague dans une base de données qui l'informe sur l'historique de l'objet.

Pour l'instant, ce système ne compte que quatre bagues. La bijouterie attend toutefois sa deuxième commande d'or congolais le mois prochain.

Si le projet a du succès, elle souhaite même revendre la matière première à d'autres bijoutiers qui veulent s'approvisionner de façon responsable.

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