Retour

MISE À JOUR - Des excuses à la suite d'activités à caractère sexuel à l'Université d'Ottawa

L'Association des étudiants en science (AÉS) de l'Université d'Ottawa dit condamner les gestes, les paroles et les attitudes « contribuant ou normalisant la violence sexuelle et la culture du viol », au lendemain d'une controverse entourant la publication d'un article dans le journal étudiant La Rotonde. L'AÉS offre ses excuses et annule l'événement.

L'article levait le voile sur la tenue du Tour des anciens, un événement au cours duquel des activités à caractère sexuel se seraient déroulées. L'AÉS reconnaît, mardi, que cet événement était « mal conçu [ill-conceived] ».

Dans sa déclaration publiée sur Internet mardi, l'AÉS s'excuse auprès des étudiants « qui ne se sentaient pas en sécurité ou qui se sentaient mis sous pression » lors de ses événements. Elle ajoute que telle n'était pas son intention

L'association annule d'ailleurs la tenue de son Tour des anciens pour les prochaines années. « Cet événement n'était pas correct et ne représente pas du tout les croyances de l'AÉS », peut-on lire dans la déclaration.

L'association invite ceux et celles « qui auraient pu se sentir mal à l'aise à cet événement » à consulter les ressources de l'Université d'Ottawa en matière de soutien et de prévention des violences sexuelles.

La Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa (FEUO) a également dénoncé ces activités à caractère sexuel.  Le vice-président aux communications, Francesco Caruso, affirme que son organisme n'était pas au courant de ces activités, qui vont à l'encontre des valeurs que défend la FEUO. 

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Deb Matthews, a réagi vivement à Queen's Park.

« On a encore beaucoup de chemin à faire. C'est flagrant avec des exemples du genre. Notre travail de conscientisation est loin d'être terminé [trad. libre] », a indiqué Deb Matthews.

Le CALACS demande des sanctions

Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d'Ottawa se réjouit de l'annulation de l'événement, mais souhaite que des sanctions sévères soient imposées pour éviter que de telles situations se reproduisent.

« C'est clair pour nous que c'est une activité où il n'y avait pas de consentement », explique Josée Laramée, coordonnatrice des Services de prévention et de sensibilisation au CALACS francophone d'Ottawa.

La mise au jour d'une telle activité ne représente que la pointe de l'iceberg pour l'organisme qui reçoit des témoignages de victimes d'agressions à caractère sexuel. « C'est un événement parmi tant d'autres », précise Josée Laramée. « Le portrait est beaucoup plus grave qu'on pense. »

La coordonnatrice des Services de prévention de et de sensibilisation au CALACS souhaite un changement de culture. Cela passe, selon elle, par une consultation et une recherche de solutions avec les jeunes de l'Université d'Ottawa.

Plus d'articles