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Mobilisation des femmes francophones pour l'équité salariale à Ottawa

Une cinquantaine de femmes francophones se sont rassemblées jeudi sur la colline du Parlement à Ottawa à l'occasion de la Journée internationale des femmes, à l'appel de l'Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC). L'équité salariale était au cœur des revendications des manifestantes.

Professeures d’université, entrepreneures, étudiantes, artistes, leaders communautaires... Elles se sont mobilisées par dizaines afin de revendiquer leur droit à l’équité salariale.

« C’est choquant que j’aie passé toute ma vie à être moins payée qu’un homme et que d’autres femmes, les jeunes femmes qui s’en viennent dans le marché du travail, soient encore discriminées de cette façon-là », a dénoncé la présidente de l’AFFC, Lily Crist.

Selon ce qu'avance l'Alliance, pour chaque dollar qu'un homme gagne, une femme occupant les mêmes fonctions ne gagne que 87 sous.

Il existe aussi d’autres enjeux qui touchent spécifiquement les femmes sur le marché du travail au Canada, notamment la qualité et la stabilité des emplois qu’elles occupent, selon l’AFFC.

« [Les femmes] vont aussi occuper plus de postes à temps partiel ou des contrats à courte durée », a tenu à souligner la directrice générale de l’Alliance, Soukaina Boutiyeb, lors de son passage aux Matins d’ici en marge de la mobilisation.

Les femmes francophones en milieu minoritaire au Canada sont également doublement discriminées en raison de leur langue, a fait remarquer Mme Boutiyeb.

« Plus on creuse, plus on remarque que ça touche les minorités, surtout les femmes francophones vivant en situation minoritaire. Travailler en français, ce ne sont pas des emplois qui sont disponibles partout », a-t-elle renchéri.

« Des petits pas » dans la bonne direction

Les revendications des manifestantes font également écho à la stratégie de l’Ontario pour la transparence salariale.

Un projet de loi déposé par le gouvernement de Kathleen Wynne obligerait les employeurs à indiquer clairement le taux de rémunération ou l’échelle salariale dans leurs offres d’emploi, à surveiller les écarts salariaux en fonction du sexe et à publier ces données au sein de leur organisation en plus d’en faire rapport au gouvernement provincial.

« Je pense que c’est une mesure qu’on devrait explorer [...] ailleurs au Canada », croit la députée fédérale d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier.

« Ce sont de bons messages politiques », a renchéri la directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario, Édith Dumont.

Le plus récent budget fédéral, qui met l’accent sur l’égalité entre les hommes et les femmes, a aussi fait réagir.

« Ce sont des petites pratiques qu’on met en place, mais qui ne résolvent pas la situation », a estimé Soukaina Boutyeb. « On a encore besoin de faire un travail de fond. »

Malgré certains engagements en matière d’égalité, l’AFFC aurait aimé que le gouvernement se penche davantage sur le statut doublement minoritaire des femmes francophones en dehors du Québec.

« Il n’y a pas d’études concrètes là-dessus […] La réalité est là, mais elle n’est pas étudiée, mais on l’entend », a déploré Mme Boutiyeb.

Avec les informations de Florence Ngué-No

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