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Moins de soutien à domicile pour des patients en fin de vie de la région d'Ottawa

Des personnes en fin de vie qui résident dans la région de la capitale nationale subissent les contrecoups d'un manque à gagner budgétaire au Centre d'accès aux soins communautaires de Champlain (CASC), l'agence provinciale qui supervise les soins à domicile.

Des patients sont placés sur des listes d'attente pour obtenir chez eux l'aide d'un préposé aux services de soutien à la personne, et ce, même si leurs jours sont comptés.

C'était le cas de Rose Steenbakkers, âgée de 78 ans, qui a reçu cette année un diagnostic de cancer du poumon. La dame, qui s'est éteinte lundi, a accepté de se confier à CBC dans l'espoir que son histoire puisse servir à améliorer les choses.

« Ma motivation est de voir si l'on peut mettre en place de meilleurs soins, afin d'alléger le fardeau de la famille [trad. libre] », a-t-elle raconté.

Deux de ses filles ont pris soin d'elle du mieux qu'elles ont pu, mais la tâche était devenue très exigeante. Elles devaient notamment soulever leur mère pour la sortir de son lit et lui porter assistance pour qu'elle puisse aller à la toilette.

Mme Steennbakkers recevait aussi la visite d'une infirmière tous les jours. Mais sa famille soutient qu'elle n'avait la visite d'un préposé aux services de soutien à la personne qu'une fois par semaine, notamment afin de faire sa toilette.

De la pression

Selon le Dr Paul Hacker, un médecin spécialisé dans les soins palliatifs, un nombre croissant de patients ne reçoivent pas suffisamment de soutien non médical lors de leurs derniers jours de vie à la maison.

Cela met beaucoup de pression sur tout le monde, met du stress sur le soignant qui n'est peut-être pas toujours apte physiquement à faire tout ce qu'il devrait [trad. libre].

Dr Paul Hacker, médecin spécialisé dans les soins palliatifs

Il ajoute que de telles situations ajoutent aussi du stress pour le patient, qui a conscience des difficultés vécues par son entourage.

« Souvent, c'est un enfant adulte qui fait la toilette ou donne le bain [de la personne malade] ce qui est difficile pour les deux [trad. libre]. », souligne le Dr Hacker.

Le Centre d'accès « dépassé »

Le directeur général du CASC, Marc Sougavinski, confirme que son agence a dû « établir un ordre de priorité » pour l'aide de soutien personnel depuis l'été, mais que cela n'a pas touché les soins infirmiers. Il attribue plutôt la situation à une augmentation subite de la demande.

« Tout le monde est constamment dépassé par les besoins que nous avons et les demandes que nous avons [trad. libre] », souligne-t-il.

Nous nous efforçons de faire plus, mais nous avons des capacités limitées. C'est la réalité [trad. libre].

Marc Sougavinski, directeur général du Centre d'accès aux soins communautaires de Champlain

M. Sougavinski précise que la liste d'attente pour obtenir l'aide d'un préposé aux services de soutien à la personne restera en place jusqu'en avril, moment où l'Ontario fournira un nouveau financement.

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