Retour

Mort d'Abdirahman Abdi : l'Unité des enquêtes spéciales demeure silencieuse

Sept mois après la mort du Somalien Abdirahman Abdi dans une arrestation controversée, à Ottawa, l'Unité des enquêtes spéciales (UES) n'a toujours pas remis ses conclusions au procureur général de l'Ontario. De fait, l'enquête n'est toujours pas terminée et les responsables refusent de commenter son statut.

Un texte d'Antoine Trépanier

Les enquêteurs de l'UES refusent toujours de commenter leurs travaux dans ce dossier. Impossible d'en savoir davantage sur les circonstances entourant l'arrestation de l'homme de 37 ans, fin juillet 2016.

« On attend toujours comme tout le monde. On s'attendait à ce que ça vienne au début janvier, mais là on est rendu à la fin février et toujours rien », déplore la membre du groupe Justice pour Abdirahman Abdi, Dahabo Hmedomer.

Cette dernière s'est rendue mercredi soir à la première rencontre publique de l'UES depuis l'automne, lorsque le juge Michael Tulloch menait ses consultations publiques sur les organismes de surveillance policière en Ontario.

Lors d'une présentation de près de deux heures, les membres de l'unité n'ont abordé aucun cas précis. « C'était vraiment une séance d'information où tout ce qu'ils ont dit est sur leur site web », a constaté Mme Hmedomer.

Le porte-parole de l'unité, Jason Gennaro, a déclaré que l'organisme avait déclenché 327 enquêtes en 2016 et que 17 accusations criminelles avaient été déposées. Ce dernier affirme que toutes les enquêtes sont différentes et que leur durée varie.

« Il n'y a pas de triage dans les enquêtes en fonction de leur importance », a-t-il dit devant environ une centaine de personnes. En entrevue, M. Gennaro a refusé de dire s'il est normal ou non que l'enquête sur la mort de M. Abdi ne soit toujours pas conclue, sept mois après les faits. Il n'a pas non plus commenté l'importance de cette enquête ni le statut de celle-ci.

Ce mutisme de la part de l'unité marque un contraste avec la volonté du public d'en savoir davantage. Selon César Ndéma-Moussa, membre du groupe COMPAC, qui a invité l'unité à s'adresser au public, la pression est forte depuis plusieurs mois pour que l'Unité d'enquête explique ses travaux dans ce dossier.

« La présence de l'unité est très importante par rapport à la transparence et la fidélité des rapports entre communautés et police », a déclaré M. Ndéma-Moussa, qui est aussi le président de l'Union des Caraïbes du Canada.

J'aurais préféré un accent plus forcé en dehors de la langue de bois. Il y avait ce côté relation médiatique pour ne pas aller trop profondément dans le sujet.

César Ndéma-Moussa, membre du groupe COMPAC

Abdirahman Abdi est mort des suites de blessures causées par une arrestation musclée dans l'ouest d'Ottawa. L'incident s'est déroulé sur la rue Hilda, dans le quartier Hintonburg. Il serait survenu à la suite d'une poursuite à pied impliquant des agents de l'Équipe d'intervention directe de la police d'Ottawa. La police affirme être intervenue en raison d'un trouble à l'ordre public.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les glucides mettent-ils notre santé en jeu?





Rabais de la semaine