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Mosquée ouverte au public et manifestation pour lutter contre l'islamophobie à Ottawa

La mosquée d'Ottawa a ouvert ses portes aux public samedi et des centaines de personnes sont descendues dans les rues du centre-ville pour montrer leur solidarité avec les musulmans, près d'une semaine après l'attentat à la grande mosquée de Québec.

Une centaine de personnes ont répondu à l'invitation de la mosquée d'Ottawa. Ponctué de discours puis d'une collation, le rassemblement ouvert à tous s'est déroulé de 10 h à midi.

La ministre de l'Environnement Catherine McKenna, visiblement émue et qui portait un voile, a lancé un appel à la tolérance.

« C'est vraiment important qu'on essaie de comprendre les différences et j'espère qu'on va avoir plus de conversations parce que comme je l'ai dit, on ne peut pas seulement dire que la diversité c'est ce qui nous tient ensemble, on doit le prouver », a-t-elle souligné

Moctar Dicko, d’origine malienne et résident d'Ottawa, a participé au rassemblement.

« Je suis venu pour manifester ma solidarité avec tout le monde », a-t-il raconté. « Ce qui s’est passé dans ce pays interpelle. Nous devons faire attention à nos actes et à nos mots. »

Malgré la tragédie survenue à Québec, il reste confiant que l'avenir sera meilleur.

« Je crois que nous allons vers de meilleurs moments dans notre humanité », a-t-il poursuivi. « Ce qui me réconforte au Canada, c’est que les dirigeants ont ce message d’inclusion. »

Berak Hussain croit pour sa part que l'islamophobie est présente de façon plus au moins explicite dans bon nombre de villes canadiennes, comme Ottawa. Selon Mme Hussain, les musulmans ont peur et sont inquiets.

« Beaucoup de femmes ont peur de sortir à cause de leur voile, car elles peuvent être considérées comme une cible », a-t-elle expliqué en anglais.

Mais nous avons vu beaucoup de Canadiens venir et nous montrer leur amour et leur soutien, ce qui a beaucoup apaisé les inquiétudes.

Berak Hussain, conseillère auprès des étudiants internationaux à l'Université Carleton

Manifestation anti-Trump

Plus tard dans la journée, près de 500 personnes ont manifesté dans les rues d'Ottawa, à l'incitation de l'Association musulmane d'Ottawa.

La foule s'est rassemblée devant le Monument canadien pour les droits de la personne à 13 h 30, puis a commencé à marcher vers l'ambassade américaine.

Parmi les manifestants, Nick Barrowman est venu montrer dénoncer les mesures politiques récentes prises par le président des États-Unis.

« Il y a des développements récents qui sont très troublants, les meurtres à Québec, mais aussi ce qu'il se passe aux États-Unis. À mon avis, il n'y a aucune place pour le racisme et il faut qu'on le dénonce », a-t-il argué.

« Je trouve que c'est important que les gens qui ne sont pas musulmans manifestent leur appui et leur disent qu'on les accepte comme membres de notre société, parce qu'ils sont Canadiens comme nous », a témoigné un autre manifestant, Wulf Heidecker.

Le manifestant a aussi adressé un message au premier ministre Justin Trudeau, lui demandant de « continuer à avoir une politique d'inclusion pour tout le monde » et d'accepter les réfugiés qui ne peuvent pas entrer aux États-Unis.

Wulf Heidecker fait aussi un lien entre l'attaque de la mosquée de Québec et les actions menées par Donald Trump depuis son élection.

« L'intolérance aux États-Unis, le fait qu'il ait empêché les gens d'entrer dans le pays, ça permet à certaines personnes qui ont des pensées négatives de sortir et de faire des choses qu'on n'imaginait pas », a-t-il assuré.

La militante et femme politique Monia Mazigh - dont le mari, Maher Arar, a été déporté et torturé en Syrie dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 - a aussi pris part à la manifestation.

« On a un pays juste à quelques kilomètres de nous qui normalise, qui crée des lois pour rendre normale cette xénophobie, cette peur insensée de l'autre. [...] Aujourd'hui, avec de pareilles lois, on ouvre la porte non seulement à la discrimination, mais aussi à des cas tragiques », a-t-elle dénoncé.

Arrivés devant l'ambassade des États-Unis, les manifestants se sont dispersés dans le calme vers 15 h.

Avec les informations de la journaliste Mylène Crête

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