Malgré le froid polaire qui s'abat sur la région, certains emplois nécessitent une présence constante dehors, à la merci des éléments. Portrait du capitaine Pierre Martel, qui opère un navire des Traversiers Bourbonnais assurant la liaison entre Cumberland et Masson-Angers, beau temps, mauvais temps.

Le vent balaie le pont du traversier M. Bourbonnais III en ce samedi glacial de janvier. Le mercure avoisine les moins 20 degrés Celsius et les bourrasques font chuter le climat ressenti sous la barre des moins 30 degrés.

Le mot d’ordre des autorités en cette période de grand froid est de rester au chaud pour éviter les engelures et les risques d’hypothermie, mais certains n’ont pas d’autre choix que de faire fi de ces avis.

C’est le cas de Pierre Martel. Même si la traversée entre les deux rives de la rivière des Outaouais ne dure que cinq minutes, le froid est saisissant, à un point tel qu’il ne peut s’empêcher de jurer pour décrire le temps.

« C’est spécial cette année. Entre Noël et le jour de l’An, on a eu cinq jours [de froid extrême], et là, deux. Ça se casse ce soir. Demain, à moins 12, on va rire de ça. Moins 40 avec le vent, ce n’est pas facile », relate le capitaine.

Même les tâches les plus simples, comme collecter l’argent des automobilistes qui embarquent sur le navire, deviennent un défi avec le froid sibérien.

« Ramasser de l’argent avec ces petits gants-là, ce n’est pas évident. Ça ne va pas bien ramasser de l’argent, ça glisse », explique M. Martel, tout sourire malgré le froid.

Des clients reconnaissants

Les automobilistes qui empruntent le Traversier Bourbonnais sont reconnaissants du travail de l’équipage.

« C'est impressionnant de travailler dehors à cette température, c'est certain [...] Rester dehors comme ça toute la journée, ça doit être très difficile », estime Benoit Gaudet, un passager du traversier.

« C'est très, très courageux à une température comme ça », reconnait Denis Brassard, un autre automobiliste.

Pierre Martel travaille sur le traversier depuis 40 ans et peu importe la météo, il aime toujours autant son travail. Pour lui, la chaleur humaine et le sourire de ses clients reste sa plus grande motivation.

Avec les informations de Florence Ngué-No

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