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Non à un permis d'exploitation de 10 ans aux Laboratoires nucléaires canadiens de Chalk River

Une cinquantaine de groupes de citoyens et de défense de l'environnement s'oppose à la demande des Laboratoires Nucléaires canadiens (LNC) qui veulent le renouvellement, pour les 10 prochaines années, de leur permis d'exploitation des Laboratoires de Chalk River (LCR).

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) tiendra une audience publique pour étudier cette demande dès mardi prochain, à Pembroke.

Des porte-parole de cinq groupes, dont Garde-Rivière des Outaouais et le grand conseil de la Nation Anishnabe en Ontario, ont dénoncé cette demande soulignant que 10 ans, c'était une trop longue période qui réduirait considérablement le nombre de consultations publiques entourant l'exploitation de ce site.

Par ailleurs, ils ont souligné que « jamais un permis d'exploitation des Laboratoires nucléaires de Chalk River n'a dépassé cinq ans. »

En conférence de presse, à Ottawa, les groupes ont affirmé que, selon les documents qu'ils ont consultés, le nouveau permis signifierait également un assouplissement du cadre réglementaire pour le consortium privé qui exploite les installations à Chalk River.

Selon Lynn Jones, du groupe Concerned Citizens of Renfrew County and Area, la moitié des conditions et exigences de l'ancien permis ont été éliminées dans la demande de nouveau permis et celles qui restent « semblent permettre aux LNC de réaliser ses projets sans véritable surveillance de la part de l'organisme de réglementation et de contrôle. »

Or indique Mme Jones, les LNC auraient l'intention d'entreposer tous les déchets nucléaires du gouvernement canadien à Chalk River, incluant du combustible radioactif, alors qu'il n'y a pas encore d'installations pour ce type de déchets.

« Tout porte à croire qu'on assiste à un assouplissement du cadre réglementaire de ce site-là, moins de conditions attachées à la nouvelle licence par rapport à la licence précédente », a souligné Patrick Nadeau, directeur de Garde-Rivière des Outaouais, précisant que les conditions semblaient plus floues, moins de détails, plus difficiles. M. Nadeau a indiqué que ce n'était pas un assouplissement dont il fallait, mais plutôt d'un « resserrement des normes compte tenu de tout ce qui se passe en ce moment. »

M. Nadeau faisait référence au projet des LNC d'aménager un dépotoir de déchets nucléaires tout près des berges de la rivière des Outaouais.

Opposition au projet de dépotoir de déchets nucléaires à Chalk River

Les groupes ont également réitéré leurs préoccupations en regard du projet de dépotoir des LNC.

Réal Lalande, coordonnateur du groupe Citoyens stop oléoduc Outaouais et du Ralliement contre la pollution radioactive, a dit ne pas avoir confiance dans le consortium privé qui exploite Chalk River.

Le chef du grand conseil de la Nation anishnabe en Ontario, Patrick Madahbee, a indiqué que jamais les LNC n’avaient communiqué avec le grand conseil pour discuter de ce projet, ce qui selon lui contrevient à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Les laboratoires de Chalk River, au nord-ouest d'Ottawa, sont situés dans un territoire revendiqué par les Première Nations.

Le chef Madahbee a indiqué que son grand conseil et le conseil tribal de la nation algonquine-anishnabeg, au Québec, s'inquiètent des dangers que pose l'entreposage de déchets nucléaires à proximité d'un cours d'eau important comme la rivière des Outaouais, source d'eau potable importante. Les Premières Nations sont également inquiètent du transport de matières radioactives sur leur territoire.

Les opposants se sont rendus par la suite sur la colline du Parlement et devant l'hôtel de ville d'Ottawa.

« C'est insensé de vouloir construire cette montagne de déchets radioactifs à Chalk River », a indiqué M. Madahbee.

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