La session parlementaire est à peine terminée que tout semble se bousculer sur la scène politique ontarienne. Lundi, la première ministre Kathleen Wynne a présenté l'équipe qui, elle l'espère, permettra à son gouvernement de se maintenir au pouvoir en 2018.

Alex Boissonneault

  Un texte d' Alex Boissonneault

Kathleen Wynne se vante bien d'avoir « trouvé l'équilibre entre le sang neuf et l'expérience » dans son nouveau conseil exécutif. Il faut rappeler toutefois que ça n'aurait pas été possible sans augmenter, comme elle l'a fait, la taille de son cabinet (trois ministres de plus) et sans les démissions de quatre ministres la semaine précédente.

C'est aussi ce qui lui a permis d'augmenter la part de femmes dans son équipe. Parce que les alliés de la première heure sont toujours là, et mis à part l'Énergie (premier ministère de Glenn Thibeault) ils occupent toujours les postes les plus importants.

Comme l'a dit Kathleen Wynne, c'est le conseil exécutif « de la mise en oeuvre » des grandes priorités de son gouvernement. Celles qui ont été ses chevaux de bataille durant la première moitié de son mandat : le retour à l'équilibre budgétaire, l'amélioration des infrastructures et le plan de lutte contre les changements climatiques.

Son équipe s'inscrit clairement dans ce désir de continuité. Les dossiers importants restent entre les mains de sa garde rapprochée : Charles Sousa garde les Finances, Glen Murray reste à l'Environnement. Bob Chiarelli perd l'Énergie, mais après avoir piloté la privatisation partielle d'Hydro-One. Il prend d'ailleurs les rênes du nouveau ministère de l'Infrastructure, responsable d'un plan d'investissement de 130 milliards de dollars sur 10 ans.

Marie-France Lalonde succède à Madeleine Meilleur

Sans grande surprise, il revient à la députée d'Ottawa-Orléans de reprendre le flambeau de sa mentore au ministère responsable des Affaires francophones, Madeleine Meilleur. Les attentes sont grandes pour Marie-France Lalonde, qui succède à une femme qui laisse un héritage considérable à la communauté franco-ontarienne. 

Sa nomination s'inscrit, elle aussi, dans cet esprit de continuité envisagé par la première ministre. La nouvelle ministre Lalonde ne cache pas sa volonté de poursuivre l'oeuvre de Madeleine Meilleur. Et même de répéter ses prises de bec avec ses collègues du conseil exécutif : elle a déjà dit qu'elle privilégie elle aussi un modèle d'université franco-ontarienne doté de son propre édifice ou campus. Une proposition pour laquelle la première ministre s'est montrée beaucoup moins enthousiaste.

Elle aura certainement du pain sur la planche. Le gouvernement a été beaucoup plus libéral dans ses paroles que dans ses actions pour les Franco-Ontariens. Or, la communauté demande maintenant des gestes concrets dans des dossiers précis : l'université de langue française et la refonte de la loi 8 sur les Services en français. La ministre semble prête à agir dans le premier. Elle compte discuter avec le Commissaire François Boileau dans le second. 

Les Ontariens : oubliés de la dernière session parlementaire

Le jugement est sans appel, mais pour le politologue Peter Graefe, c'est très clair : depuis février, le public a subi la politique plus qu'il n'en a profité. Pour le commun des mortels, le bilan des travaux qui viennent de se terminer à l'Assemblée législative est décevant.

Oui, la province a fait un pas vers la gratuité scolaire dans son dernier budget. Oui, l'opposition a fait reculer le gouvernement sur les changements apportés aux garderies. Non, les députés n'ont pas chômé pendant 4 mois. Le problème, c'est que les gens auraient surtout eu droit à des procès d'intention ou à des intrigues.

Peter Graefe cite tout ce qui a été dit sur le financement politique. Mis à part d'alimenter le cynisme des électeurs, en quoi tout ce débat a-t-il aidé le chômeur de Windsor à se trouver un emploi? Ou a-t-il permis à un jeune couple à s'acheter sa première maison en banlieue de Toronto?

Les vraies affaires

Ce n'est pas dire que les questions d'éthique sont superflues, mais pour plusieurs observateurs, elles ont occupé un tel espace durant la dernière session que des dossiers concrets sont restés dans l'ombre. Comme si la forme était devenue plus importante que le fond.

Le contexte a pesé lourd sur les élus eux-mêmes. La députée du NPD Catherine Fife reconnaissait, il y quelques jours à peine, l'atmosphère délétère qui règne à l'Assemblée. Comme si les jeux de coulisses avaient pris le pas sur les échanges d'idées.

Espérons enfin que les députés reviendront en septembre la tête aussi reposée que l'égo. Les Ontariens entendront peut-être alors davantage parler du travail des élus que des commentaires vulgaires d'un député ou que des allégations de harcèlement sexuel à Queen's Park. 

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