Retour

« On ne se réveille pas un matin en se disant : "On va aller tirer quelqu'un" », raconte un ancien constable

Au surlendemain d'un affrontement entre un jeune homme de 18 ans et un constable spécial au palais de justice de Maniwaki, un ex-constable spécial, Donald St-Germain, raconte les responsabilités inhérentes à la profession et dénonce le manque de constables dans les palais de justice en région.

« Dans les palais de justice principalement en région, les constables spéciaux sont souvent appelés à travailler plus souvent qu'autrement seuls », assure M. St-Germain.

« Il y a des agents de sécurité qui sont embauchés afin de les aider, d'une certaine façon, dans leurs tâches quotidiennes. Cependant, on ne se le cache pas, c'est sûrement une question de coût, de la part du gouvernement, que de procéder de cette façon-là », déplore l'ancien constable.

Rappelons que les constables et les agents de sécurité ont des tâches et des responsabilités bien différentes.

M. St-Germain se souvient qu'il y avait aussi un manque de renfort lorsqu'il travaillait dans les années 2000. Il a utilisé son arme à feu lors d’une situation de violence au palais de justice à Montréal, en 2010.

« Il y a eu des situations de violence dans les palais de justice en région, on l'a crié sur tous les toits », raconte-t-il.

Concernant l'échauffourée survenue à Maniwaki, M. St-Germain juge que l'agent de sécurité aurait dû aider le constable.

Selon M. St-Germain, « l'agent de sécurité aurait dû [...] intervenir, aurait dû se mettre les deux mains avec lui » pour maîtriser le jeune homme de 18 ans.

« De ce que je comprends, le constable a utilisé, à mon avis, toutes les possibilités qu'il avait en sa possession : prise articulaire, et ça n'a pas fonctionné, prise à l'encolure, ça n'a pas fonctionné, on l'entend dire "J'utilise mon pouvoir", et ça n'a pas fonctionné, le bâton extensible, ça n'a pas fonctionné », énumère l'ancien constable. « On s'entend il reçoit un coup à la tête, il n'est pas resté de marbre. Le dernier outil de travail qu'il lui reste pour neutraliser la menace, c'est d'utiliser son arme à feu ».

M. St-Germain, qui reconnaît que l'incident est « malheureux », conclut que ce dernier aurait pu être évité avec davantage de constables affectés au palais de justice et des outils alternatifs supplémentaires, comme le pistolet taser.

Plus d'articles