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Ontario : les ambulanciers paramédicaux veulent garder l’exclusivité des soins

En Ontario, les pompiers pourraient bientôt dispenser des soins médicaux lors de leurs interventions d'urgence. Le gouvernement provincial se penche sur un projet-pilote de deux ans, qui est parrainé par l'Association professionnelle des pompiers. Mais des ambulanciers paramédicaux, qui sont réunis en congrès à Ottawa, s'opposent fermement à cette idée.

Pour le moment, lorsqu'ils interviennent sur les lieux d'un accident, les pompiers ont seulement le droit de donner de l'oxygène et d'examiner les signes vitaux des victimes.

Ils aimeraient pouvoir administrer jusqu'à cinq médicaments, lorsque les patients souffrent de douleurs à la poitrine ou d'essoufflement.

« Lorsque nous arrivons pour une urgence médicale, l'objectif est de pouvoir intervenir en deux fois moins de temps et de traiter plus de patients », explique le président de l'Association professionnelle des pompiers de l'Ontario, Carmen Santoro.

Les pompiers s'engagent à suivre toute la formation nécessaire pour injecter des médicaments. Mais des ambulanciers paramédicaux, à qui Radio-Canada a parlé, ne veulent pas en entendre parler.

« Selon nous, cela nous ramène 15 ans en arrière. Nous ne disons pas que des gens mourront, mais on risque de les mettre en danger », croit Jeff Van Pelt, qui est le président du Comité des ambulanciers paramédicaux de l'Ontario, une organisation rattachée au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Une décision pas encore actée

Le projet-pilote permettrait aux pompiers de huit municipalités ontariennes de mettre en pratique une formation de 20 heures pour stabiliser les patients, ce qui serait insuffisant selon le syndicat des ambulanciers paramédicaux.

« Les ambulanciers paramédicaux font deux, peut-être trois ou quatre ans, d'études postsecondaires pour leur métier. Cela prend plus de 500 heures dans l'ambulance, sous la direction d'un médecin, pour qu'ils aient leur titre d'ambulanciers paramédicaux », rappelle Andrew Phillips, qui travaille au sein du Service paramédic d'Ottawa.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, assure pour sa part que la sécurité des patients est primordiale.

« C'est une discussion entre les ministères, mais nous n'avons pas en ce moment de décision », précise-t-elle.

D'après un reportage de Gilles Taillon

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