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Ottawa : accusations suspendues contre des policiers après un exercice ayant mal tourné

La Couronne a décidé de suspendre les accusations retenues contre trois agents du Service de police d'Ottawa (SPO). Ces derniers avaient été mis en cause à la suite d'un exercice, qui avait fait plusieurs blessés il y a deux ans.

Lors d'un exercice avec des explosifs le 18 juin 2014, deux policiers et trois infirmiers paramédicaux avaient été blessés.

Des policiers avaient soutenu dans une lettre anonyme que leurs supérieurs, notamment Martin Rukavina, avaient ignoré les avertissements de deux officiers avant l'incident.

En juillet 2015, l'Unité des enquêtes spéciales (UES) avait déposé des accusations contre M. Rukavina, ainsi que contre Serge Clement et Carl Grimard.

Tous les trois avaient été inculpés de négligence criminelle causant des lésions corporelles et de manque de précautions concernant des substances explosives.

Selon le porte-parole de l'UES, Jason Gennaro, si la Couronne a décidé de suspendre les accusations, cela ne signifie pas que les poursuites sont abandonnées : elles peuvent être à nouveau soumises à un juge au cours de la prochaine année.

L'Association des policiers d'Ottawa s'est félicitée de la décision de la Couronne, arguant que les policiers n'auraient jamais dû être accusés et que cette affaire était une question de sécurité au travail.

Eau ou alcool?

Lors de l'exercice, deux agents placés sous l'autorité de Martin Rukavina avaient manipulé et placé un engin utilisé pour effectuer des entrées forcées avec explosifs.
Ils l'avaient rempli avec du liquide lave-glace au lieu d'utiliser de l'eau.

Quand le dispositif a explosé, il a généré une énorme boule de feu, qui a notamment gravement brûlé deux ambulanciers paramédicaux.

Selon la Couronne, il s'agissait de déterminer si l'usage d'un produit inflammable pour une explosion relevait de la négligence criminelle.

L'enquête a cependant révélé un manque de cohérence dans la façon dont les policiers étaient formés. Cela a soulevé un certain nombre de questions, à savoir si les officiers avaient été négligents ou s'ils avaient suivi les pratiques acceptées.

Une formation inconstante

Bien que le fabricant de l'engin suggère que ce dernier ne doit être utilisé qu'avec de l'eau, cela n'était pas mentionné sur le produit à l'époque.

Par ailleurs, le Collège canadien de police, qui est géré par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a assuré qu'il ne formait les policiers qu'à employer de l'eau ou des produits sans alcool.

Des policiers d'Ottawa ont cependant soutenu le contraire, affirmant qu'on leur avait enseigné que le lave-glace, qui contient de l'alcool, était acceptable. Ceci a été corroboré par la suite par le SPO.

L'UES a tenté d'interroger à ce sujet les formateurs et des agents de la GRC, mais les responsables du corps policier fédéral s'y sont opposés.

D'après un reportage de CBC

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