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Ottawa bannit l’utilisation et l’importation d’amiante au Canada

L'utilisation de l'amiante dans toute nouvelle construction au pays, son importation ainsi que son exportation sont désormais interdites par le gouvernement fédéral. Ces mesures entreront en vigueur d'ici 2018.

Comme Radio-Canada l’annonçait la semaine dernière, Ottawa ne prend pas la chose à la légère.

Quatre ministres libéraux ont présenté jeudi matin, une stratégie nationale au Centre de cancérologie de l’Hôpital d’Ottawa.

La raison fondamentale, c’est vraiment pour la sécurité des travailleurs et la sécurité des citoyens.

Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie

Le gouvernement fédéral lancera donc prochainement un processus de modification de la Loi sur la protection de l'environnement, afin d’y inclure une interdiction d’utiliser de l’amiante.

Une série de mesures

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a condamné ce produit dès 1987, puisqu’il est cancérigène et peut entraîner des problèmes pulmonaires.

Pourtant, l’amiante n’a jamais été entièrement proscrit dans le Code national du bâtiment du Canada, alors que plus d’une cinquantaine de pays l’ont fait.

Au terme d’un processus de consultations, le gouvernement de Justin Trudeau modifiera les dispositions du Code du bâtiment.

Le Code canadien du travail sera également amendé, afin d’établir le niveau maximal d’exposition à l’amiante. Le gouvernement fédéral souhaite imposer des mesures draconiennes pour limiter les risques de contact avec l’amiante au travail.

Ottawa réglementera aussi davantage l’entreposage, la manutention et l’étiquetage du produit.

Fin de l’importation

Le Canada ne produit plus d’amiante depuis la fermeture de la mine Jeffrey, à Asbestos, il y a plus de cinq ans.

Toutefois, le pays continue d’importer des produits contenant de l'amiante, dont des patins de frein pour les véhicules et des tuyaux utilisés dans l’industrie du bâtiment.

Ces importations ont pratiquement doublé de 2011 à 2015, soit depuis la fermeture de toutes les mines d’amiante au Canada.

Dans sa série de mesures, le gouvernement libéral compte empêcher l’importation de tout produit qui contient de l’amiante, un matériau qui tue plus de 500 personnes au Canada chaque année.

Ottawa tente de calmer les inquiétudes

De nombreux projets pour extraire le magnésium des résidus miniers provenant de l'exploitation passée des mines d’amiantes, comme à Asbestos et Thetford Mines, ont été présentés depuis leurs fermetures.

Ces deux municipalités ont d'ailleurs soulevé des inquiétudes au cours des derniers jours, craignant pour l’économie de leur région.

La ministre du Développement international se veut rassurante.

Le projet de modification du règlement ne vise pas ces résidus d'amiante là. L'important, c'est de s'assurer que les nouveaux produits qui vont être en marché ne contiennent pas d'amiante.

Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie

« Pas assez », dit le Congrès du travail du Canada

Le Congrès du travail du Canada (CTC) souhaiterait que le gouvernement fédéral assure le suivi des victimes et des victimes potentielles de l'exposition à l'amiante.

Il demande au gouvernement de créer un registre pour celles-ci.

Le président du CTC, Hassan Yussuff, a lui-même été exposé à l'amiante, pendant de nombreuses années, en travaillant dans une usine de General Motors.

« Il y a des milliers et des milliers de Canadiens exposés à l'amiante. Certains en meurent maintenant et je pense que cela serait très utile pour élaborer des politiques publiques », soutient-il.

L’ancien député néo-démocrate Pat Martin, qui travaillait lui-même dans une mine d'amiante, dénonce quant à lui la lenteur de la réaction du Canada à introduire de nouvelles règles. Ceci nuit à d'autres personnes qui ont été exposées à l’amiante, selon lui.

Je ne suis pas sûr que je suis prêt à attribuer [au gouvernement] une note parfaite, juste pour avoir fait ce qui devait être fait.

Pat Martin, ancien député néo-démocrate

Pat Martin souhaite que le fédéral investisse plus d’argent dans la recherche pour des traitements de l’amiantose.

« Si nous étions un chef de file mondial dans la production et l'exportation et même la promotion de l'amiante, nous avons l'obligation morale d'être un chef de file mondial dans le diagnostic et le traitement des maladies liées à l'amiante », ajoute-t-il.

La nouvelle stratégie fédérale entrera en vigueur d'ici 2018, à la suite de consultations avec l'industrie.

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