Ottawa revêt ses plus beaux costumes, à l'occasion du cinquième Comiccon et de l'ouverture de l'exposition Star Trek : L'expérience académie de Starfleet. Les deux activités prennent leur envol vendredi.

Un texte de Julien Morissette, à l'émission Les malins plaisirs

En quelques années, la région de la capitale nationale s'est démarquée comme destination pour les mordus de science-fiction. Chaque année depuis 2012, des dizaines de milliers d'amateurs de superhéros et de bandes dessinées se rendent au Centre EY pour le Comiccon d'Ottawa.

Le Musée de l'aviation et de l'espace du Canada accueille de son côté une nouvelle exposition consacrée à l'univers de la télésérie Star Trek, qui rappelle Star Wars : Identities, présentée au même lieu, en 2013.

Ces deux grandes manifestations de la culture « geek » - ou « fana » - démontrent que la science-fiction prend de plus en plus de place dans la culture populaire.

La genèse de l'« ultrafanatisme »

Selon Antonio Dominguez Leiva, professeur au Département d'études littéraires de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), cet engouement s'explique par l'essor des jeux vidéo, l'âge d'or de la science-fiction cinématographique - soit les films de superhéros - ainsi que les adaptations télévisées de récits classiques de science-fiction.

De nouveaux publics ont donc été créés par le biais des médiums audiovisuels, créant du même coup des communautés de « fans ». Il faut reculer en 1930 pour observer ces premières communautés d'avides lecteurs de science-fiction.

Ces associations sont devenues importantes grâce au rôle actif des membres, devenus des écrivains ou des diffuseurs culturels de ces univers.

Même si le phénomène d'« ultrafanatisme » a presque cent ans, c'est surtout grâce aux médias de masse (cinéma, télévision, jeux vidéo, etc.) que la culture de la science-fiction est sortie de sa marginalité dans les dernières années, pour gagner de plus vastes publics

La science-fiction au musée

Les univers de Star Wars et de Star Trek ont une importance significative dans la culture populaire, plus particulièrement dans celle de l'aviation et de l'espace.

Rénald Fortier, commissaire au Musée de l'aviation et de l'espace du Canada, croit qu'une série comme Star Trek a créé un intérêt pour les histoires se déroulant dans l'espace, poussant même des amateurs de la série à devenir physiciens ou ingénieurs.

La commissaire de l'exposition Star Trek : L'expérience académie de Starfleet, Erin Gregory, croit de son côté qu'en plus de la richesse scientifique de la série, cette dernière a connu une grande popularité en raison de la projection potentielle des téléspectateurs dans cet univers.

En tant que spécialiste de Star Trek, Mme Gregory a conçu l'exposition de manière extrêmement méticuleuse pour ne pas décevoir les « ultrafans ».

Mais qui sont-ils, ces membres de communautés fanatiques?

Depuis quatre ans, Derek McDonald fait partie du Capital City Garrison, un rassemblement d'Ottaviens, qui s'habillent de costumes authentiques des films Star Wars.

En plus de représenter la célèbre franchise dans les événements publics, le groupe se donne comme mission de venir en aide aux organismes de bienfaisance et de faire sourire les personnes qui en ont le plus besoin.

Derek a pris connaissance des activités du Capital City Garrison lors du premier Comiccon d'Ottawa, une expérience qui l'a profondément marqué.

M. McDonald n'a pas peur de dépenser jusqu'à 4000 $ pour un costume de Darth Vader ou de Boba Fett, alors que d'autres membres optent plutôt pour des costumes coûtant quelques centaines de dollars.

Steve Hutchison, créateur du site terror.ca

Issu du milieu des jeux vidéo, Steve Hutchison a quant à lui lancé en 2013 un site Internet lui permettant de partager sa passion pour le cinéma d'horreur. Sur terror.ca, on retrouve des critiques de films d'horreur présentées de manière extrêmement précise, par genres, sous-genres, ambiances et antagonistes.

Grâce aux données qu'il génère, ainsi que sa manière méticuleuse de décrire et de classer les oeuvres du domaine public et les séries de films d'horreur, Steve Hutchison est devenu une référence pour quelque 15 000 abonnés Twitter.

Avec 557 films critiqués à ce jour, Steve Hutchison compte bien poursuivre jusqu'à ce qu'il estime que le site est complet. Il songe peut-être présenter son site au Comiccon d'Ottawa, lorsqu'il sera prêt!

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