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Ottawa refuse que la province aide le centre d'injection supervisé non autorisé

Le gouvernement ontarien se dit prêt à déployer des ressources pour aider le centre d'injection supervisé non autorisé dans le marché By, à Ottawa. Mais pour ce faire, la Ville d'Ottawa doit donner son aval au projet, ce qu'elle n'a pas l'intention de faire.

Le groupe Prévention des surdoses Ottawa voudrait bien que son centre d’injection supervisé dans le parc Raphael-Brunet reste ouvert malgré le froid qui s’installe. Or, le centre, qui accueille en moyenne 44 patients par nuit et qui aurait réussi à éviter environ 140 surdoses, a dû fermer trois fois en octobre à cause du mauvais temps.

CBC a appris que le ministère ontarien de la Santé et des Soins de longue durée serait prêt à envoyer une Équipe des services médicaux d'urgence (ESMU), comme elle l’a fait mercredi pour un centre similaire situé dans le parc Moss, à Toronto. L'équipe fournit des générateurs, des appareils de chauffage et des tentes isolées.

« Les organismes de santé ou les administrations peuvent faire des demandes auprès de l'ESMU au ministère, à la demande ou avec le soutien de la Municipalité », a souligné dans un courriel le porte-parole du ministère, David Jensen.

Une fin de non-recevoir

Le maire Jim Watson se dit d’accord pour recevoir plus d’aide de la part de la province, mais pas question que celle-ci aille au site non autorisé.

« Nous ne croyons pas qu'un site temporaire dans le froid froid, l'hiver, dans un parc, est une utilisation appropriée des ressources », a déclaré M. Watson.

Une position que partage le conseiller du district de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury. Il s'appuie sur l'ouverture prochaine du centre d'injection supervisé au centre communautaire de Côte-de-Sable, dans un cadre légal, pour contrer la problématique.

Le maire encourage par ailleurs les clients et les travailleurs du centre non autorisé à se réfugier dans la roulotte de chantier, situé à proximité des locaux de l'organisme les Bergers de l'Espoir, lorsque cette dernière obtiendra le feu vert de Santé Canada - ce qui devrait arriver d'un jour à l'autre.

« Je crois que lorsque la remorque sera installée, les clients qui vont dans les parcs n'auront plus aucune raison de s'y rendre », a-t-il précisé.

M. Watson demande plus d'argent et plus d'aide pour mettre en place des endroits légaux, qui sont chauffés et dans un environnement sécuritaire pour les usagers.

Déception à Prévention des surdoses Ottawa

Dans une réponse par courriel, les responsables de Prévention Surdose Ottawa se sont dits déçus « que MM. Fleury et Watson fassent de la politique avec la vie des gens ». L'organisme a dit trouver « honteux qu'ils veuillent trouver une solution à la crise d'opioïde, mais qu'ils refusent l'aide de la province ».

Du côté du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, le centre d'injection qui accueillera cinq stations d'injection et qui sera ouvert 12 heures par jour à longueur d'année, aucune date d'ouverture n'est encore déterminée. Luc Cormier, l'infirmier coordonnateur du centre, a rappelé que ce dernier devait initialement ouvrir en septembre, mais qu'il attend toujours des permis de la province et de la Ville pour effectuer les rénovations nécessaires.

M. Cormier a affirmé que des tentes à l'extérieur ne sont pas une installation idéale pour un service de prévention des surdoses.

« C'est une situation qui est complètement inacceptable que ce soit encore nécessaire [que Prévention des surdoses Ottawa] continue d'offrir leur service, parce qu'il n'y a toujours pas assez de service avec le site temporaire avec Santé publique Ottawa », a-t-il déploré.

Avec les informations de Dominique Degré

Avec les informations de CBC

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