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Ottawa : un projet pilote jumelant des psychiatres à des policiers a du plomb dans l'aile

Le psychiatre à l'origine d'une initiative, qui jumelait des médecins spécialisés en santé mentale à des policiers d'Ottawa, vient d'abandonner le projet. L'équipe peine à trouver des praticiens pour le remplacer.

Depuis 2013, des agents de l'Unité de santé mentale de la police d'Ottawa étaient jumelés au psychiatre Peter Boyles et à des médecins résidents de l'Hôpital d'Ottawa.
Ils intervenaient ensemble sur le terrain auprès de personnes souffrant de maladie mentale.

L'objectif était de réduire l'engorgement dans les urgences et de rendre le travail des policiers plus efficace.

En août 2015, M. Boyle, qui était l'intervenant principal, a abandonné l'initiative qu'il a contribué à lancer, pour aller travailler à temps plein à l'hôpital. Il se trouve qu'aucun autre médecin ne veut prendre le relais.

« On veut que ceux qui participent soient intéressés à le faire. Pour l'instant, personne n'a signifié son intérêt », explique la directrice clinique en Santé mentale à l'Hôpital d'Ottawa, Chris Clement.

Le projet, tel qu'il a été mené durant les deux dernières années, est donc en veilleuse. En attendant, les policiers collaborent avec des infirmières et des travailleurs sociaux.

Un besoin pour les policiers

Les policiers d'Ottawa déplorent la tournure des événements, parce que l'expertise des médecins était précieuse pour les forces de l'ordre qui reçoivent environ une dizaine d'appels par jour, concernant des cas liés à la santé mentale.

« Premièrement, ils peuvent prescrire des médicaments. Ils peuvent aussi faire de la formation sur place et déterminer si le patient a besoin d'aller à l'hôpital », détaille le sergent responsable de l'Unité de santé mentale police d'Ottawa, Jim Elves.

Compte tenu de la situation, l'Hôpital et la police d'Ottawa sont obligés de revoir le projet. Il est acquis qu'il ne reprendra pas sa forme initiale.

Selon Tim Aubry, qui est un chercheur en santé mentale, il ne faut pas croire pour autant que le programme est voué à disparaître faute de psychiatre. Il pense que des infirmières et des travailleurs sociaux peuvent collaborer efficacement avec les autorités.

« On pourrait avoir un certain système de triage où ce sont dans les situations les plus aiguës que l'on implique les psychiatres », propose-t-il.

Dans le mode de fonctionnement qu'il suggère, les psychiatres ne seraient donc appelés qu'en renfort et le programme ne reposerait plus seulement sur leurs épaules.

D'après un reportage de Marie-Eve Tremblay

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