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Ottawa-Vanier : les libéraux provinciaux choisiront leur candidate samedi

Cette fin de semaine, les membres du Parti libéral de l'Ontario de la circonscription d'Ottawa-Vanier sont appelés à choisir la personne qui les représentera lors des prochaines élections partielles. Parmi les prétendants au poste, deux femmes aux parcours diamétralement opposés.

Un texte d'Angie Bonenfant

Lucille Collard, c'est la « madame de terrain », comme se plaisent à la décrire certains analystes : celle qui est proche des gens, qui participe à toutes les causes dans sa circonscription et qui est bien connue par la communauté.

Avocate de formation, vice-présidente du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO) et maman de quatre enfants, Lucille Collard est une rassembleuse, une femme organisée et réfléchie, selon ses supporteurs.

« C'est une personne qui a l'habitude d'accomplir des choses », soutient Pierre De Blois, organisateur politique à la retraite, qui lui a donné un coup de main dans la course à l'investiture libérale.

Contrairement à son opposante, dit M. De Blois, Lucille Collard est déjà bien engagée dans son milieu. Elle connaît la circonscription comme sa poche.

« Moi, ce que j'aime, c'est voir quelqu'un qui se présente en politique, qui a un passé de participation et qui s'est déjà mouillée dans le milieu », explique-t-il. « Je n'aime pas beaucoup les gens qui apparaissent en politique dont on n'a jamais entendu parler! »

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, abonde dans le même sens. « Lucille connaît les résidents, les entreprises et les joueurs politiques de notre région », indique-t-il en entrevue téléphonique.

Mme Collard ne possède pas la longue feuille de route de son adversaire, mais la liste de ses réalisations n'est pas à dédaigner pour autant.

« Lucille a fait beaucoup de bénévolat dans les organismes, c'est une personne qui est présente un peu partout », lance M. De Blois. « Elle s'est fait élire au conseil scolaire, elle est vice-présidente. Ce sont toutes des choses qui démontrent une certaine capacité de représenter le public. »

« Je la connais très bien, Mme Des Rosiers », renchérit-il. « Elle a un très bon CV, c'est une très bonne personne, mais elle n'a jamais rien fait dans la communauté. »

Nathalie Des Rosiers détient une longue feuille de route professionnelle. Elle est experte en droit constitutionnel, doyenne de la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa et ex-avocate générale à l'Association canadienne des libertés civiles.

Elle est aussi récipiendaire de nombreux prix. Elle a reçu l'Ordre du Canada, la médaille du Barreau du Haut-Canada, le Mérite Christine-Tourigny, le Prix des libertés civiles, etc.

Ses supporters soutiennent qu'elle possède tous les atouts pour occuper de hautes fonctions dans le gouvernement de Kathleen Wynne, si elle était élue.

« Si j'étais Mme Wynne, j'aurais de la misère à cacher comment je suis fière et heureuse qu'elle se présente », lance Me Ronald Caza, un des premiers à lui avoir accordé publiquement son appui.

« Évidemment, il faut que les gens d'Ottawa-Vanier lui accordent leur confiance, mais si elle franchit cette étape, elle est du calibre pour être ministre », affirme de son côté son collègue à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, le doyen adjoint, Pierre Thibault.

Contrairement à certains détracteurs, M. Thibault ne croit pas que le profil de Nathalie Des Rosiers soit trop élitiste... elle qui a surtout baigné dans le monde universitaire et dans la fonction publique.

« La perception, c'est qu'il peut y avoir un clivage, mais il n'y en a pas », avance-t-il.

Son inexpérience sur le terrain est un atout, ajoute Me Caza. Cela démontre qu'elle n'est pas une carriériste, qui a longtemps planifié son entrée en politique.

Avant tout, dit-il, il faut regarder the big picture : qui a les reins assez solides pour chausser les souliers de Madeleine Meilleur, qui a démissionné en juin dernier?

« Avoir une personne comme Nathalie, qui représenterait Ottawa-Vanier et qui serait à Toronto, ça augmente les chances que le parti soit réélu, littéralement », soutient Ronald Caza.

PERSÉVÉRANCE MAYER 

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