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Ottawa-Vanier : retour sur une campagne calme et discrète

Lundi, les résidents d'Ottawa-Vanier sont appelés aux urnes pour élire leur prochain représentant à la Chambre des communes. La campagne électorale n'a pas soulevé les passions ni suscité beaucoup d'intérêt. Ce sera l'heure des choix, mais à la fin du dépouillement, on ne s'attend pas à un coup de théâtre.

Un texte d'Angie Bonenfant

De l'avis de plusieurs experts, même s'il n'y a rien d'acquis, la candidate libérale part largement favorite.

Une bataille entre deux candidates?

« Je ne crois pas qu'il y ait de vote stratégique, à ce moment-ci », soutient Pierre Martel, professeur à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa.

« Tout va se jouer au niveau des politiques sociales et économiques qui favorisent le plus les classes moins aisées et moyennes. »

« Le Parti libéral propose au niveau national et au niveau local des politiques qui sont davantage adaptées et qui répondent à l'ensemble du profil sociodémographique de la circonscription », poursuit le professeur. « À mon avis, étant donné l'enracinement historique du Parti libéral, [Mme Fortier] a une longueur d'avance. »

« Dans une élection partielle, c'est toujours une question d'organisation et je crois que le PLC a une organisation qui va faciliter la réélection de la candidate libérale », croit Pierre Martel.

Retour sur la campagne

Que doit-on retenir de cette campagne électorale, 44 jours plus tard? « Ç'a été assez tranquille. Il n'y a pas eu de grands enjeux pour mobiliser la population. Il n'y a pas eu de grands débats », a résumé Pierre Jury, éditorialiste au quotidien Le Droit d'Ottawa.

« Même le dépôt d’un budget assez controversé où le gouvernement Trudeau perpétue un très gros déficit n'a pas été quelque chose qui a soulevé les passions. »

« S'il y a une question qui a fait parler la population, qui a été soulevée par les citoyens eux-mêmes, c'est bien la question de la réforme électorale », a indiqué Pierre Jury. « Les gens ont soulevé ça eux-mêmes et c'est venu du plancher lors de rencontres de citoyens. »

Cet engagement non respecté du gouvernement Trudeau a été un thème récurrent de la campagne. La candidate néo-démocrate Émilie Taman en a fait son cheval de bataille, tandis que la candidate libérale Mona Fortier a eu la lourde tâche de justifier la volte-face de son gouvernement.

Le bilinguisme

La circonscription d'Ottawa-Vanier est un château fort de la francophonie et la communauté s’attend à être desservie par un élu qui les représente. L'unilinguisme du candidat conservateur Adrian Papara a beaucoup fait jaser, a rappelé Pierre Jury.

« Dès le départ, il a été désavantagé en termes de pouvoir courtiser l'électorat francophone dans sa langue », a soutenu Pierre Martel. « [De plus], son programme veut surtout obliger le gouvernement à rendre des comptes et à diminuer les impôts. Je ne crois pas que ce message soit ce qui va résonner le plus auprès de l'électorat. »

Mona Fortier et Émilie Taman sont toutes les deux bilingues. La candidate du Parti vert, Nira Dookeran se débrouille un peu dans la langue de Molière.

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