C'est un art parfois maîtrisé, parfois sous-estimé par les chanteurs : quoi dire lorsque vient le temps de s'adresser à la foule? Nous avons posé la question à différents artistes qui nous ont fait part de leurs préférences et de leurs décisions en la matière.

Un texte de Julien Morissette

Des artistes peu loquaces

Le trio franco-ontarien Pandaléon vient tout juste de lancer son deuxième album complet, une oeuvre vaporeuse et hautement réverbée, dans laquelle la voix de Frédéric Levac est loin d'être à l'avant-plan. Même si les paroles sont soignées et imagées, la voix occupe la même place qu'un autre instrument dans la balance sonore. Il n'est donc pas surprenant que les trois musiciens s'en tiennent au minimum lorsque vient le temps de faire le lien entre les blocs musicaux.

Le juste milieu

Étant en tournée solo depuis plusieurs années, le héros de la guitare Steve Hill prône un équilibre dans la quantité d'interventions. Il cite l'exemple d'une de ses idôles, Jerry Garcia de Grateful Dead, qui n'a que très rarement pris la parole entre les pièces. Lorsqu'il est lui-même sur scène, Steve Hill croit que son public ne se déplace pas pour l'entendre faire des monologues mais il avoue tout de même improviser, selon son humeur et celle de la foule. Le one man band souligne que certains artistes maîtrisent cet art, surtout lorsqu'ils sont des conteurs-nés, comme Fred Pellerin.

Le défi des premières parties

En tournée avec Ariane Moffatt depuis plusieurs mois, la jeune auteure-compositrice-interprète Rosie Valland trouve tranquillement le ton à adopter lorsqu'elle doit se présenter devant une foule qui ne la connaît pas.

« Tandis que quand j'ai un public prêté, je me dois de me présenter et d'être là pour réchauffer la salle : ça sert à ça une première partie. J'ai appris à diviser les deux et à inviter les gens dans mon univers, en parlant plus aux gens. »

Le grand bavard

Un des artistes québécois ayant la meilleure réputation en la matière est Michel Rivard. Lorsqu'il se remémore ses débuts après Beau Dommage, il avoue qu'il n'avait pas assez de matériel pour remplir un spectacle complet. Seul hic, Rivard était en spectacle solo pendant un mois à Paris. Il a donc pris l'habitude de parler entre ses chansons et a importé cette habitude à son retour en sol canadien. Sa feuille de route lui a aussi permis d'être à l'aise lorsqu'il prend la parole :

Les formations et ateliers

Diplômée de l'École nationale de la chanson, Rosie Valland ne croit pas que les formations et les ateliers offerts par divers concours et festivals donnent les meilleures pistes pour les « entre-tounes ».

Elle pense que chaque auteur-compositeur-interprète doit trouver sa propre personnalité scénique, quitte à se taire entre les chansons. « Ce n'est pas bien vu au Québec de ne pas parler entre les chansons », affirme-t-elle. « Il existe une culture, une obligation de divertir entre les tounes et moi j'essaye de ne pas le faire, je ne veux pas rentrer là-dedans complètement ».

Claire Duguay s'occupe du volet des formations de Gatineau prend la scène depuis de nombreuses années. En tant que chanteuse, metteure en scène et directrice artistique, elle conseille aux jeunes artistes de scénariser leurs interventions et de passer autant de temps à préparer ces textes qu'à pratiquer les chansons. Son plus grand conseil : « s'en tenir à l'essentiel et ne pas s'éterniser ». S'il y a une chose sur laquelle tout le monde est d'accord, c'est bien celle-ci.

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