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Parodier le site de l'UQO pour dénoncer des conditions de travail

Les étudiants salariés du réseau de l'Université du Québec s'en prennent à l'image de marque de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) et parodient son site web. Ils accentuent ainsi les moyens de pression, alors que les négociations avec la partie patronale perdurent depuis plus d'un an.

Un texte de Jérôme Bergeron

À première vue, difficile de départager le vrai du faux, les internautes pourraient croire naviguer sur le même site web.

Pourtant, en y regardant de plus près, on peut lire sur l'un des sites : « faites-vous exploiter tout en étudiant » ou encore « recevoir une paie avec plusieurs mois de retard » Même l'inscription « futurs étudiants sous-payés » se trouve sur le site satirique.

Les membres du Syndicat des étudiants travailleurs de l'UQO voulaient s'exprimer sur leurs conditions de travail, aux dires du président, Shawn Goodman.

Le syndicat dénonce aussi un manque à gagner de 2 $ l'heure, par rapport aux étudiants du réseau des Universités du Québec.

« Oui, certains ont l'impression de se faire exploiter », affirme M. Goodman.

Un site web dénoncé

Même si les étudiants salariés sont sans convention collective depuis plus d'un an, le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, dénonce fermement ce site satirique du syndicat.

« On l'utilise à des fins institutionnelles et non pas à des fins de revendications. On va faire le nécessaire pour que ça disparaisse », poursuit le recteur.

Des recours pour l'Université?

Puisque l'auteur du site copie l'aspect visuel du site web de l'UQO, l'institution pourrait déposer une plainte de violation de droit d'auteur, aux dires de la professeure spécialisée en droit d'auteur de l'Université d'Ottawa, Teresa Scassa.

Cette experte de la propriété intellectuelle souligne que la loi est toutefois plus flexible avec les sites satiriques depuis 2012, avec les modifications à la loi sur les droits d'auteur. Mais, à son avis, il faut que ce soit identifié clairement sur le site web.

Le syndicat affirme avoir déjà reçu un appel des avocats de l'UQO, mais se demande si ce n'est pas une tactique d'intimidation.

Le recteur de l'UQO souligne que de nombreuses revendications sur le site web ont déjà été réglées à la table des négociations. Reste à voir si le syndicat acceptera ou non de retirer le site, mais l'UQO n'entend pas, pour le moment, poser des mesures légales.

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