Retour

Patrice Michaud : nostalgie, paillettes dorées et lunettes fumées

C'est un Patrice Michaud muet comme une carpe qui est monté sur la scène de la salle Jean-Despréz de Gatineau, jeudi soir. Surprenant de la part du musicien verbomoteur. Après avoir enchaîné trois pièces de son album Almanach, l'artiste a finalement brisé le silence, expliquant qu'il s'agissait là d'un défi lancé par le musicien Yann Perreault, qui signe la mise en scène de son spectacle.

Une critique de Karine Lessard

Patrice Michaud a donc d'abord laissé parler sa musique, par le biais de Kamikaze, couronnée du Félix de la chanson de l’année en 2017, ainsi que la sucrée Cherry Blossom.

Bien que fort appréciés du public, ces deux morceaux au rythme enjoué ont toutefois quelque peu détonné avec La saison des pluies, livrée dans la foulée. Ballade aux paroles prenantes, cette pièce évoque l’histoire d’un père souffrant d’un cancer. Visionné à plus de 2 millions de reprises sur Internet, le vidéoclip a suscité des vagues d’émotions depuis sa mise en ligne le 14 janvier.

Question d'en maximiser l'impact émotionnel, la chanson aurait davantage trouvé sa place en deuxième partie de spectacle, au côté de Les terres de la couronne, sublimement déclinée ici en mode piano-voix.

Nostalgie habilement exploitée

Taquin, complice et sans prétention, l’artiste de Cap-Chat a démontré une grande aisance sur scène, prenant un malin plaisir à se déhancher au rythme de ses chansons.

« Gatineau, [mes mouvements de danse] se sont améliorés depuis la dernière fois où je suis venu jouer dans cette salle! » a-t-il lancé à la blague.

Ce goût pour la danse lui viendrait de son père Renold qui, dans les années 1990, y allait de ses propres mouvements sur la musique de Ce soir on dance, volume 2. « La cassette, bien sûr! » a précisé l’auteur-compositeur-interprète.

Ce dernier s’est ainsi permis un retour en arrière, se remémorant quelques souvenirs d’adolescence, dont son premier "slow". « Mon père n’appelait pas ça un "slow", mais un "plain"! » a-t-il mentionné, déclenchant de nombreuses réactions nostalgiques chez les spectateurs.

Le trentenaire s’est d’ailleurs dit mélancolique de la musique des années 1950 et 1960, période durant laquelle de nombreux succès anglophone étaient traduits au Québec afin d’en faire des tubes francophones. Citant en exemple le travail des Classels, des Sultans et des Baronets, il s’est lui-même prêté à l’exercice en traduisant librement Stop de Sam Brown.

La salle brièvement plongée dans la noirceur, laissant planer une surprise imminente, Patrice Michaud et ses quatre musiciens (rebaptisés Les Magestiques) étaient justement réapparus arborant manteaux aux paillettes dorées et lunettes fumées. Le quintette s’est joyeusement amusé à ajouter une touche de claviers rétro à certaines chansons, dont Je cours après Marie.

C’est habillés de la sorte, et revisitant dans un pot-pourri de certains grands succès des années 1950 et 1960, que les cinq complices ont mis un terme à cette soirée dansante.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Qui est à blâmer pour cet accident?





Rabais de la semaine