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Patrick Brazeau plaide coupable à une accusation réduite

Le sénateur en congé Patrick Brazeau est revenu devant le tribunal ce matin, à Gatineau, afin de répondre à des accusations d'agression sexuelle et de voies de fait envers une résidente de Gatineau.

En échange d'une absolution de la cour, il a plaidé coupable à deux accusations réduites : l'une de voies de fait simples, liées à un incident survenu en février 2013, et l'autre pour possession de cocaïne, pour une affaire remontant à avril 2014.

Patrick Brazeau est aussi acquitté de l'accusation d'agression sexuelle, qui avait été déposée en février 2013.

Les accusations de voies de fait simples, de menaces et de non-respect de ses engagements, relativement à des faits remontant à avril 2014, ont été retirées.

Demande d'absolution

Par ailleurs, la Couronne et la défense demandent une absolution inconditionnelle pour M. Brazeau, ce qui veut dire qu'il n'aurait pas de dossier criminel si le juge décide de la lui accorder.

En cour, l'avocat de M. Brazeau, Gérard Larocque, a expliqué qu'il demandait l'absolution pour son client à cause de la médiatisation dont l'affaire d'agression sexuelle avait fait l'objet. Il a aussi déploré que son client ait dû en porter les stigmates pendant deux ans.

En sortant du tribunal, le sénateur a évoqué un immense poids sur ses épaules au cours des deux dernières années.

« Ça fait deux ans et demi qu'on m'a accusé d'agression sexuelle. C'est la pire accusation que quelqu'un peut avoir. Aujourd'hui, c'est la preuve qu'on a que je n'ai pas agressé personne sexuellement. La Couronne l'a admit ça. C'est ce qui est important », a déclaré Patrick Brazeau.

Le juge a mis sa décision en délibéré et doit se prononcer le 28 octobre prochain. Il faut savoir qu'il n'est pas lié par la recommandation commune de la Couronne et la défense.

Il pourrait par exemple décider d'imposer une absolution conditionnelle.

Une entente aux raisons inconnues

Du bout des lèvres, l'avocat de la Couronne, Sylvain Petitclerc, semblait dire que son dossier était plus faible.

« Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'on a reconnu devant le juge que la preuve, hors de tout doute raisonnable, ne semblait pas acquise », a-t-il répondu aux journalistes, qui le questionnaient au sujet de la solidité des évidences qu'il avait en main.

Gérard Larocque avait fait un contre-interrogatoire très serré de la victime présumée, ce qui avait soulevé beaucoup de contradictions dans le témoignage de cette dernière.

M. Brazeau n'en a pas terminé avec ses démêlés judiciaires. Il doit encore subir un procès pour avoir eu, en octobre 2014, la garde ou le contrôle d'un véhicule alors qu'il était en état d'ébriété. Il sera de retour en cour le 13 octobre 2015.

L'affaire de fraude et d'abus de confiance, liée à ses dépenses au Sénat, sera quant à elle entendue en mars 2016.

Le jeune sénateur, nommé par le premier ministre Stephen Harper en 2008, avait été expulsé du caucus conservateur dès son arrestation relativement à cette affaire.

Quelques jours plus tard, il avait dû se retirer du Sénat. Il a ensuite été suspendu par ses pairs de la chambre haute. Cette suspension a été levée avec le déclenchement des élections.

Avec des informations de Louis Blouin et de Pascale-Marie Dufour

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