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Patrick Brunet veut redonner au houblon de Fournier ses lettres de noblesse

Le village de Fournier n'est pas différent des autres communautés rurales de l'Est ontarien. Ce sont les grandes cultures, comme le maïs et le soja, qui dominent le paysage.

Un texte de Denis Babin

Toutefois, cela n'a pas toujours été le cas, comme en témoignent les vieux séchoirs à houblon retrouvés à l'est du village, sur la route de comté 10.

Au début du 20e siècle, cette plante herbacée vivace y poussait en abondance.

Patrick Brunet, un producteur de houblon de Riceville, veut lui redonner ses lettres de noblesse.

Des débuts modestes

Il s'est lancé dans cette aventure un peu folle en 2009, au moment où les microbrasseries ont commencé à connaître un essor important en Ontario et au Québec.

« Les microbrasseurs, ce sont des gens qui sont passionnés. Je pense qu'ils sont fiers lorsqu'ils viennent et voient que nous mettons autant de passion, autant d'efforts à faire le houblon qu'eux autres en mettent à faire de la bière », indique Patrick Brunet.

Présentement, ce retraité des Forces canadiennes cultive 11 variétés dans sa houblonnière. Sa production, répartie sur trois acres et demi de terre, demeure toutefois bien modeste.

Patrick Brunet commence néanmoins à récolter le fruit de ses efforts.

En 2014, la Brasserie Cassel de Casselman a utilisé son houblon pour produire une bière dite « de moisson ».

« Nous avons été privilégiés de pouvoir brasser une bière avec ce houblon-là. Ça a donné une bière évidemment très houblonnée, parce que nous l'avons utilisé partout dans notre procédé de brassage », raconte Mario Bourgeois, copropriétaire de la microbrasserie.

Des défis à l'horizon

Ce n'est toutefois pas demain la veille que les houblonnières de l'Est ontarien pourront approvisionner les microbrasseries de façon régulière.

D'abord, leur production demeure marginale.

Selon le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, on estime à 339 acres la superficie totale des terres actuellement consacrées à cette culture au Canada.

C'est sans compter que le houblon frais, contrairement à celui transformé sous forme de granules, a une courte durée de conservation.

« Ce n'est pas une chose que tu peux utiliser, la mettre de côté et, dans six mois, tu vas la chercher dans le frigo pour l'utiliser », explique Mario Bourgeois.

Ensuite, l'avenir des houblonnières dans l'Est ontarien passe peut-être par la création d'une coopérative.

De son côté, Patrick Brunet est loin d'être réfractaire à l'idée de se regrouper avec d'autres producteurs.

« Si ça devient une coopérative dont tout le monde peut être membre et que nous distribuons tous à la même place, peut-être que ça en vaudra la peine », pense-t-il.

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