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Pédaler d’Ottawa à Washington pour le stress post-traumatique chez les premiers répondants

Le départ de la première randonnée à bicyclette « Les héros sont humains, capitale à capitale » a été donné, samedi matin, à Ottawa. Une centaine de premiers répondants de partout en Amérique du Nord participent à cet événement dont l'objectif est d'accroître la sensibilisation à propos du trouble de stress post-traumatique.

Un texte d'André Dalencour

Pendant une quinzaine de jours, 88 ambulanciers paramédicaux, policiers et pompiers, parcourront les 1600 km qui séparent Ottawa de Washington.

Certains n'effectueront qu'une partie du trajet, alors que d'autres se rendront jusqu'au bout. Un groupe de 36 cyclistes espère ainsi rallier la capitale fédérale américaine, le 20 mai prochain.

Le projet de cette randonnée est né au moment où les députés ontariens adoptaient une loi qui reconnaît que, pour les travailleurs d'urgence, le stress post-traumatique est un problème lié à leur travail.

Les participants aimeraient que des dispositifs similaires soient adoptés ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Au moins 88 raisons de pédaler

Les participants proviennent majoritairement de l'Ontario, notamment de Toronto, d'Ottawa, de Peel et Prescott-Russel, mais aussi du Québec, du Nouveau-Brunswick et du Yukon. Le peloton compte par ailleurs des cyclistes américains de New York, de Cleveland et de Baltimore.

Karen Hamilton par exemple vient de Washington. Cette infirmière de l'air compte plus de 30 ans de carrière et a été déployée dans 90 endroits autour de la planète, notamment à New York après les attentats du 11 septembre.

Ces dernières années, elle a participé à une quinzaine de randonnées ou de courses commémoratives et elle est déterminée à passer la ligne d'arrivée.

« C'est une cause qui me tient à cœur. J'ai perdu des amis et des collègues de travail, qui ont été tués ou qui sont invalides pour le reste de leur vie, la plupart du temps après des accidents d'hélicoptère. J'en connais aussi qui ont été les victimes d'accidents de la route », détaille-t-elle.

Martin Johnstone occupe quant à lui le poste de superviseur paramédical à la Ville de Toronto.

Dans son cas, il n'accompagnera le groupe que pendant les premiers jours. Il se rendra à Saint-Jean-sur-Richelieu, juste avant que le peloton de cycliste ne traverse la frontière américaine.

Il a tenu à enfourcher son vélo avec ses collègues par camaraderie, mais aussi parce que le trouble de stress post-traumatique est quelque chose auquel il a été souvent confronté dans son entourage professionnel. Comme il le dit avec beaucoup d'émotion, « ce n'est pas facile ».

Un travail à faire auprès des jeunes

Robert Brunet est un enseignant du programme de soins paramédicaux au collège La Cité à Ottawa depuis plusieurs années.

Selon lui, si le problème ne date pas d'aujourd'hui, ce n'est que récemment que l'accent a été mis là-dessus dans la formation des ambulanciers paramédicaux.

Dans leur cursus, ils sont maintenant entraînés à reconnaître les signes et les symptômes, ainsi qu'à trouver les ressources pour se faire aider en cas de besoin.

« On leur dit aussi que c'est normal de se sentir comme ça. On fait face à des situations qui ne sont pas toujours idéales, faciles à vivre », indique-t-il.

Des élus sur la ligne de départ

Les premiers coups de pédales ont été donnés en présence de plusieurs personnalités du monde politiques, notamment les députées ontariennes, Marie-France Lalonde et Cheri DiNovo, des ministres du Travail et de la Sécurité communautaire de l'Ontario, Kevin Flynn et Yasir Naqvi, ainsi que le député de Hull-Aylmer, Greg Fergus.
Ces deux derniers ont enfourché leur vélo afin de parcourir quelques kilomètres avec les cyclistes.

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