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Pedneaud-Jobin demeure favori pour l'emporter à la mairie de Gatineau

La course à la mairie de Gatineau n'est plus l'affaire de trois candidats, mais de cinq aspirants. Le directeur général de la Municipalité de Bowman, Rémi Bergeron, et Clément Bélanger, chef de cabinet au fédéral, se sont lancés eux aussi dans la mêlée. La campagne électorale prend une autre tournure, mais c'est toujours le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin qui, selon les experts, garde l'avantage sur ses concurrents.

Un texte d'Angie Bonenfant

En plus de messieurs Bélanger et Bergeron, Maxime Pedneaud-Jobin doit affronter les conseillers des districts de Bellevue et de Touraine, Sylvie Goneau et Denis Tassé.

L'ajout de deux nouveaux candidats dans cette course qui s'annonçait prévisible est un événement totalement inattendu, aux dires des analystes.

En revanche, rien dans les récents développements ne vient changer la donne, selon laquelle le maire sortant part avec une longueur d'avance.

Ce que cela vient changer, selon l'éditorialiste en chef du quotidien Le Droit, Pierre Jury, c'est que ceux qui ne souhaitent pas revoir Maxime Pedneaud-Jobin au poste de maire de Gatineau auront le choix entre beaucoup plus de candidats pour le remplacer.

Il y a toutefois un revers à ce scénario.

« Ils auront l'embarras du choix, mais tout le vote anti-Maxime Pedneaud-Jobin risque d'être morcelé en trois ou quatre », explique-t-il. « Imaginez, c'était déjà risqué pour ceux qui souhaitent un changement à la mairie de Gatineau de voir le maire sortant se faufiler entre deux adversaires. Là, on en rajoute deux autres. »

« Le maire sortant voit en face de lui des candidats qui risquent de se faire compétition les uns vis-à-vis des autres », renchérit la professeure à l'École d'études politiques à l'Université d'Ottawa, Anne Mévellec. « On en a maintenant quatre et il va falloir que chacun se montre comme la seule option ou la seule "alternative" à Maxime Pedneaud-Jobin. Ça fait beaucoup d'alternatives du coup! »

Les nouveaux venus sont peu connus

Il faut dire aussi que les plus récents candidats sont méconnus sur la scène municipale gatinoise et ne jouissent pas de la notoriété du maire.

« Souvent dans ce monde-là, il y a une espèce d'effet qu'on appelle la "prime au sortant", qui donne un avantage souvent marqué aux candidats qui sont déjà à l'intérieur de l'appareil municipal », indique le professeur au Département des sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Guy Chiasson. « C'est difficile pour les outsiders de pénétrer, de faire des scores importants. Je pense que ce sera important pour eux de se faire connaître. »

Pour faire contrepoids au parti du maire, il aurait fallu une figure marquante derrière qui tout le mouvement d'opposition puisse se rallier.

Sylvie Goneau et Denis Tassé, de par leur fonction, sont déjà connus des électeurs. En revanche, ils puiseront probablement dans le même bassin électoral.

Leur défi sera de se démarquer l'un de l'autre, estime Guy Chiasson.

Stratégie électorale

En termes de stratégie électorale, c'est presque le statu quo pour M. Pedneaud-Jobin, estiment nos analystes. Le maire doit vendre son bilan et il dispose d'une impressionnante machine électorale pour l'appuyer.

« Il a une organisation un peu plus musclée qui l'appuie par rapport à des candidats indépendants qui se sont ajoutés tardivement et qui n'ont pas nécessairement de réseau et d'organisation approfondie », évalue Guy Chiasson.

Équipe Pedneaud-Jobin - Action Gatineau

Maxime Pedneaud-Jobin jouit d'une longueur d'avance, mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'a pas de travail à abattre sur le terrain pour élire encore plus de conseillers sous la bannière de son parti Équipe Pedneaud-Jobin - Action Gatineau, croit Anne Mévellec.

« L'enjeu pour Maxime Pedneaud-Jobin, c'est de se faire élire avec une majorité, ce qu'il n'avait pas eu dans ce mandat-ci », signale-t-elle. « La victoire de l'Équipe Pedneaud-Jobin, elle se mesurera au nombre de conseillers municipaux élus. »

« C'est sûr que s'il a plus de gens d'Action Gatineau élus, ça va lui rendre la tâche plus facile », concède Pierre Jury. « C'est sans doute un objectif personnel comme organisateur municipal, lui qui croit aux partis municipaux. »

« Il voudra avoir une majorité au conseil, mais ce n'est pas ça qui l'a empêché de gouverner lors des quatre dernières années », nuance-t-il. « Je crois qu’il le souhaite plutôt pour une question de fierté personnelle et de gouvernance, qui pour lui est une question très importante. »

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