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Pénurie de médecins de famille en Outaouais, malgré un recrutement intensif

Il reste 13 postes de médecins de famille à combler, en Outaouais. C'est deux fois plus élevé que les besoins de certaines autres régions du Québec. Malgré d'intenses efforts de recrutement, il n'y a toujours pas de preneurs.

Un texte de Angie Bonenfant

« Les besoins ont toujours été plus grands que l'offre de services », admet d'entrée de jeu le Dr Guy Morissette, directeur des services professionnels au Centre intégré de la santé et des services sociaux de l'Outaouais (CISSS). « Le recrutement, en omnipratique, ç'a toujours été un défi pour l'Outaouais. »

Le Dr Morissette dit qu'en 36 ans de carrière, il n'a jamais vu la région attirer un nombre suffisant de médecins pour répondre aux besoins de la population.

Les autorités médicales ont beau user de toutes sortes de stratégies pour attirer des finissants en médecine dans la région, rien n'y fait.

Avec un résultat très concret : 20 % des postes en médecine familiale en Outaouais ne sont pas comblés.

Pourquoi les médecins délaissent-ils l'Outaouais?

1. La méconnaissance de la région serait une constance
2. L'accessibilité : les GMF sont saturés, il n'y a pas de bureaux où les médecins peuvent s'installer
3. L'Outaouais traîne une mauvaise réputation : la pénurie fait peur aux médecins qui craignent une charge de travail plus élevée.

L'Outaouais est malade et elle a besoin de médecins pour s'en sortir. « Les défis sont là! On ne peut le dénier. Nous sommes la région où l'accès à un médecin de famille est le plus difficile », soutient le Dr Morissette.

Diagnostic régional

Maniwaki a souvent été citée en exemple, hier, lors de l'adoption du projet de loi 20, par le ministre de la Santé Gaetan Barrette, comme étant la région où le besoin de médecins de famille est le plus criant.

Qu'en est-il des autres territoires de la région de l'Outaouais? Le Dr Guy Morissette nous brosse un portrait.

Probablement le territoire le plus en difficulté. « Le problème à Papineau c'est qu'il y a eu plusieurs départs de médecins dans des secteurs stratégiques qui ont tout de suite ébranlé l'offre de services. »

« La façon dont les omnipraticiens se sont organisés sur le territoire est très différente de la façon dont on s'est organisé sur le territoire de Papineau. Dans le Pontiac, actuellement, ça va relativement bien. Il n'y a pas beaucoup de patients orphelins. Il y a un équilibre, mais c'est toujours fragile, parce que l'on parle d'un petit nombre de médecins. On ne parle pas de centaines de médecins, mais d'une vingtaine seulement. Il suffit qu'un couple de médecins quitte et qu'un autre soit malade pour qu'il faille tout de suite réagir. »

« Ici, on parle d'une autre dynamique. C'est un territoire où le nombre de cliniques médicales qui sont au GMF, en dehors de l'établissement, est minimal. Cela teinte l'offre de services. Dans ce territoire-là, il y a beaucoup de gens... mais c'est très saisonnier. Il faut distinguer offre de services, mais aussi médecins de famille. Beaucoup de gens viennent l'été pour les lacs et les chalets, beaucoup de gens viennent l'hiver pour le ski... ce sont des gens qui ne s'attachent pas à un médecin de famille, mais qui veulent avoir des services. À cet égard-là, ça teinte notre façon de donner des services. »

« On parle de Maniwaki parce que souvent, ç'a été un territoire en difficulté. Mais à ce moment-ci, la pénurie de médecins omnipraticiens, ce n'est pas l'enjeu majeur, je vous dirais. Par contre, si on parle de médecins spécialistes, alors là, c'est autre chose. »

« L'urbain demeure toujours que ce soit en terme de volume ou de réalité ou de pression de services... l'urbain, c'est surprenant, mais ça demeure toujours un enjeu. »

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