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Philip Wilson reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement 14 femmes

Un homme accusé d'avoir drogué et agressé sexuellement plus d'une dizaine de femmes en 2014 et 2015 a été reconnu coupable, jeudi matin, en Cour supérieure de justice de l'Ontario, à Ottawa.

Philip Wilson, 33 ans, a été jugé coupable de sept chefs d'accusation reliés à la drogue, notamment celui de trafic. Il a aussi été reconnu coupable d'avoir administré des produits nocifs à 14 femmes et de les avoir agressées sexuellement. Sa petite amie compte parmi les victimes.

En rendant son verdict, le juge Charles Hackland a qualifié l'homme d'« intimidateur condescendant à l'ego démesuré ». Rejetant le témoignage de l'accusé, qui disait respecter les femmes, le magistrat a ajouté qu'il était troublant de voir à quel point M. Wilson était détaché de la réalité. Ce dernier est resté impassible pendant la lecture du verdict.

L'homme a été arrêté en mars 2015 après que la police eut saisi diverses drogues à son domicile, dont de la kétamine, de la cocaïne et un flacon contenant du GHB.

Des photos et des vidéos retrouvées sur son téléphone

Au cours du procès, la procureure adjointe de la Couronne, Meaghan Cunningham, a soutenu que l'accusé avait secrètement drogué la majorité des 14 femmes à sa résidence en utilisant du GHB (connu sous le nom de drogue du viol) ou avec de la kétamine, un anesthésique. Les drogues laissaient les femmes inconscientes et sans souvenir d'avoir subi une agression, a argué la Couronne.

Dans plusieurs cas, les victimes ignoraient qu'elles avaient subi une agression, lorsque les autorités policières les ont contactées après avoir découvert des photos et des vidéos explicites dans le téléphone de l'accusé.

Devant le tribunal, une des victimes a raconté qu'elle avait participé à une fête au condominium de M. Wilson en mai 2014. Elle a expliqué avoir pris de la cocaïne et une petite quantité d'ecstasy. Lorsqu'elle s'est plainte d'un malaise, elle a raconté que l'accusé lui avait servi une « boisson fruitée dans un verre ».

La femme a expliqué à la cour qu'elle s'était alors sentie étourdie et avait perdu conscience. À son réveil, son chandail et son soutien-gorge étaient relevés. Des traces de GHB ont été retrouvées dans le verre de la victime.

La police d'Ottawa a contacté la femme en 2015 pour lui présenter des photos d'elle retrouvées dans le téléphone de l'accusé. Sur les images, on pouvait voir que la victime avait les yeux fermés et que l'accusé lui enlevait ses vêtements et l'agressait, a soutenu la Couronne.

Philip Wilson témoigne à son procès

Appelé à la barre des témoins par la défense au cours du procès, l'accusé a soutenu qu'il vendait régulièrement de la drogue dans plusieurs bars du marché By, à Ottawa, et que sa consommation récréative s'était changée en dépendance à la cocaïne et à d'autres drogues.

En juin, alors qu'on lui a présenté le matériel explicite retrouvé dans son téléphone, il a admis avoir agressé sexuellement deux femmes et avoir pris part à l'agression d'une troisième. Il avait exprimé des regrets.

L'homme a cependant soutenu que les femmes avaient pris la drogue de façon volontaire. Il a nié avoir agressé les autres femmes.

L'avocat de la défense, Trevor Brown, a plaidé que son client était pris dans un mode de vie où la drogue brouillait son jugement. Il a ajouté que M. Wilson n'avait jamais eu l'intention de droguer les victimes pour commettre une agression sexuelle. Il a toutefois admis que le matériel explicite retrouvé dans le téléphone de son client « dépasse les frontières d'une activité consensuelle ».

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