Retour

Plus d'agressions sexuelles dénoncées à Ottawa

Les victimes d'agressions sexuelles sont plus nombreuses à porter plainte à la police d'Ottawa selon les plus récentes données de Statistique Canada.

Les dénonciations ont augmenté de 15 % entre 2015 et 2016, passant de 649 à 743.

« Je ne veux pas que les gens pensent qu'il ya plus d'agressions sexuelles. Cette hausse s'explique surtout parce que plus de victimes portent plainte », indique l'inspecteur Jamie Dunlop du Service de police d'Ottawa (SPO).

Pour suivre cette tendance, l'Unité des agressions sexuelles et de la violence faite aux enfants à vu ses effectifs croître au cours des dernières années.

« La charge de travail s'est certainement alourdie », reconnaît l'inspecteur.

Une minorité de cas rapportés

Malgré la hausse des dénonciations, la grande majorité des agressions sexuelles ne sont pas rapportées à la police.

« Seulement environ 5 % des agressions sont dénoncées », rappelle Jamie Dunlop.

Si les 743 agressions sexuelles rapportées en 2016 constituent 5 % du nombre total, cela voudrait dire que 15 000 agressions du genre auraient eu lieu dans la capitale, soit 41 par jour.

Statistique Canada définit une agression sexuelle comme un incident à caractère sexuel non désiré, incluant une attaque ou un touché.

Le travail policier s'est vu sévèrement critiqué récemment après que des données aient révélé que près de 30 % des plaintes pour agression sexuelle étaient jugées non-fondées.

L'inspecteur Dunlop indique que son unité fait des efforts pour faire diminuer ce taux. La proportion de plaintes jugées non fondées à Ottawa est d'ailleurs tombée à 8% l'an dernier.

Une plainte est jugée non fondée lorsqu'un enquêteur estime qu'aucun acte criminel n'a été posé.

« Il n'y a rien dans la définition de "non fondée" qui veut dire que nous ne croyons pas la victime », ajoute Jamie Dunlop.

Une autre mesure de succès

Même si le nombre de plaintes a augmenté au fil des ans, le taux d'accusations déposées est demeuré relativement stable à environ 20 %.

Une mesure plus juste de l'efficacité du travail policier selon les groupes de défense des victimes d'agression sexuelle.

« 97 % des gens qui sont victimes de violence sexuelle ne voient pas leur agresseur être accusé », soutient la coordonnatrice du Centre d'aide en matière d'agression sexuelle d'Ottawa Brie Davis.

Même si les dénonciations sont plus fréquentes, la vraie mesure du succès de la police demeure le taux d'accusations déposées ajoute-t-elle.

« Plus de gens porteraient plainte s'ils sentaient qu'ils allaient être écoutés et crus », soutient Mme Davies.

Après trois ans de négociations, le SPO a accepté un processus de révisé des plaintes pour agression sexuelle, à la demande de groupes de femmes, après avoir initialement rejeté l'idée en 2015.

Selon le mécanisme en place, un panel d'experts dans le domaine de la violence faite aux femmes réexaminera les plaintes jugées non fondées pour identifier toutes erreurs qui auraient pu être commises durant l'enquête. Un tel panel doit tenir un premier examen avec la police d'Ottawa en octobre.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine