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Plus d'hospitalisations pour surdoses d'opioïdes à Gatineau qu'à Ottawa

Le taux d'hospitalisations liées à une intoxication aux opioïdes est plus élevé à Gatineau qu'à Ottawa. C'est ce qu'indiquent les plus récentes données de l'Institut canadien d'information sur la santé.

Lors de l'année fiscale 2015-2016, Gatineau a enregistré 17 hospitalisations par tranche de 100 000 habitants.

Pour la même année à Ottawa, il y a eu 10 hospitalisations par tranche de 100 000 habitants. En 2016-2017, ce taux a grimpé à 13.

À l'échelle nationale, le nombre d'hospitalisations liées aux opioïdes a bondi de près de 20 %.

Selon le directeur général du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie dans la région de l’Outaouais (CIPTO), Yves Séguin, ces statistiques démontrent qu'il faut en faire plus pour rejoindre les consommateurs d'opioïdes, qu'ils soient prescrits ou non.

« Concrètement, il faut avoir plus de travailleurs de proximité. On pourrait aussi rendre accessibles des tests pour que les gens vérifient si leur produit contient du fentanyl ou pas. C’est demandé par les consommateurs à notre travailleur de rue », a jugé M. Séguin.

Le directeur général du CIPTO espère que de tels outils humains et technologiques seront compris dans le plan d'action sur les opioïdes que prépare Québec.

Méthodologie critiquée

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSO) remet en question la fiabilité de la méthodologie de l’étude.

Selon le médecin-conseil en santé publique et en médecine préventive à la Direction de la santé publique de l’Outaouais, Dr Jean-Pierre Courteau, il est difficile d’analyser le phénomène des surdoses chez les usagers de drogues par ville puisque les chiffres du rapport ne font pas la distinction entre les différents types de surdoses (accidentelles, intentionnelles ou d’origine inconnue). Une surdose accidentelle peut, par exemple, avoir lieu lorsqu'une personne âgée prend par mégarde des doses supplémentaires à des opioïdes prescrits.

À cet effet, selon le Dr Courteau, les résultats de l’étude ne correspondent pas à la réalité sur le terrain.

« On est extrêmement surpris, parce qu’on ne vit pas ça. On n’a pas dans nos hôpitaux des taux d’hospitalisation pour surdose qui sont plus élevés que ceux d’Ottawa, c’est impossible. Sur le terrain, ça ne se concrétise pas. On a un taux de décès beaucoup plus faible qu’à Ottawa.[...] On ne peut pas valider ces chiffres, ça ne correspond pas à notre réalité d’avoir un taux d’hospitalisation aussi élevé qu’à Vancouver », a-t-il déclaré.

L’Institut canadien d’information sur la santé a analysé des données recueillies directement des hôpitaux et du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec entre les années fiscales 2007-2008 et 2016-2017. Selon l’Institut, l’analyse des hospitalisations s’est « limitée aux “intoxications significatives aux opioïdes”, c’est-à-dire les cas pour lesquels l'intoxication a influé sur la durée du séjour et le traitement reçu à l’hôpital ».

Avec les informations d’Estelle Côté-Sroka

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