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Plus de 600 repas de Pâques pour briser l'isolement à Ottawa

À l'Armée du Salut dans le centre-ville d'Ottawa, ce sont plus de 600 personnes qui ont trouvé refuge à l'abri de la pluie et du brouillard, le temps d'un souper de Pâques.

Un texte d'Agnès Chapsal

Dès 15 h dimanche, la file d'attente était longue au 171 rue George. Au sous-sol de l'établissement, une vingtaine de bénévoles s'affairaient à servir des repas chauds ou à accueillir les arrivants.

Au menu du souper de Pâques : de la dinde avec des petits légumes, une purée de pomme de terre, sans oublier quelques chocolats pour le dessert.

Le directeur du Centre Booth de l’Armée du Salut, à Ottawa, a assuré avoir suffisamment de nourriture pour 900 personnes, un chiffre qui tend à augmenter au fil des années.

« C’est comme un gros repas de famille », commente en souriant Marc Provost, en entrevue avec Radio-Canada.

Et pas seulement pour les sans-abri, note-t-il. Pour les employés et les bénévoles de cet organisme international, ces repas de fêtes sont aussi une façon de s'assurer que des personnes à faibles revenus « ont ce qu'il faut, qu'elles ne vont pas perdre leur logement, qu'elles vont être correctes », assure M. Provost.

Lutter contre l'isolement

Habituée à servir des repas dans les soupes populaires, Christine Taylor, venue avec son mari Mark Taylor, conseiller à la Ville d'Ottawa, croit qu'il ne s'agit pas seulement d'offrir de la nourriture, mais bien de tisser des liens.

« Ce n’est pas seulement de la bouffe dont ils ont besoin, c’est aussi d’une connexion », affirme-t-elle.

Parmi les personnes présentes, Marie a pris son courage à deux mains pour venir jusqu'ici.

« Ce matin, quand je me suis levée, j’étais déprimée au boutte. Je devais voir un ami, j'ai tout annulé. J’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de prendre l’autobus pour venir jusqu’ici », raconte la dame, qui se rend dans des refuges chaque année depuis 15 ans pour des occasions spéciales comme Noël et Pâques.

Cela lui évite notamment de rester seule chez elle. « Je vois des visages familiers, je peux dire "allô", "bye bye" », poursuit-elle. « Ici, il y a beaucoup de personnes qui sortent parce qu’ils sont seuls. »

Bénéficiaire du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées, elle estime que la Ville d'Ottawa a beaucoup trop coupé dans les dépenses médicales.

« Je trouve que le système a trop coupé et qu’il faut qu’il fasse une meilleure job pour subvenir à nos besoins, parce que c’est ridicule », commente-t-elle. « Je suis vraiment chanceuse qu’il y ait des endroits comme ici pour manger. »

L'Armée du Salut offre deux repas par jour aux personnes dans le besoin, mais aussi les héberge, fournit des vêtements, des petits appareils électroménagers et plusieurs autres types d'assistance.

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