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Plusieurs réactions à Gatineau aux révélations faites à la Commission Chamberland

La Commission d'enquête sur la protection de la confidentialité des sources a dévoilé mercredi que des policiers du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) sont passés sous la loupe en août 2013, à la suite d'une présumée fuite médiatique. Le dévoilement de cette enquête a suscité plusieurs réactions dans la région jeudi.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) craint des répercussions sur le travail de ses membres. Mathieu Lacombe, président de la FPJQ pour l'Outaouais, fait savoir que les journalistes de la région sont inquiets.

« Nos sources confidentielles, on y tient, parce qu'il n'y en a pas autant qu'à Montréal. On a une relation de confiance avec elles. Et si on les perd parce qu'elles ont peur de se faire prendre, c'est les gens de l'Outaouais qui vont avoir moins de nouvelles », a-t-il jugé.

Le SPVG a révélé devant la Commission Chamberland avoir déployé plusieurs efforts pour trouver un responsable de présumées fuites médiatiques.

« Après avoir sensibilisé à maintes reprises nos policiers, on a fait une enquête interne, administrative, avec les moyens qu'on a, qui étaient très raisonnables et limités. Il n'y a pas de journalistes qui ont été épiés. Il n'y a pas de journalistes qui ont été surveillés. On a regardé les registres téléphoniques. On n'a trouvé aucun numéro de téléphone de journalistes, d'ailleurs », a indiqué Mario Harel, le directeur du SPVG.

Dans le cadre de cette enquête, menée à la suite de deux reportages du journaliste de TVA Pierre-Jean Séguin, au sujet d'une opération policière à Gatineau, 36 policiers ont été interrogés. Le président de la Fraternité des policiers et policières de Gatineau, Jean-Pierre Bussière, a expliqué qu'aucune plainte n'a été reçue par rapport à la façon dont l'enquête a été faite.

Lors de son audience à la Commission Chamberland, Sylvain Renaud, l'inspecteur à la division des normes professionnelles et des affaires internes au SPVG a suggéré, pour que d'autres fuites ne surviennent pas, d'« au moins instaurer une crainte suffisante et [de] faire comprendre que la direction du service prend ce type de fuite là au sérieux et ne les tolère pas ».

Le président de la Fraternité des policiers modère un peu le propos.

« Instaurer la crainte, oui, c'est des gros mots, oui, ça laisse présager une perception autre. Moi, je dirais, lorsqu'on note certaines particularités, qu'il faut s'assurer d'être proactif, de travailler au niveau de la prévention, de faire prendre connaissance aux membres de la santé et sécurité », a mentionné M. Bussière. « On ne peut pas empêcher un policier d'avoir des contacts et de bonnes relations avec les journalistes. Par contre, ça relève du policier de respecter son serment [de discrétion]. »

Selon lui, il est possible d'arriver aux mêmes résultats en utilisant différents mots et une approche différente.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, espère que la Comission amènera des pistes de solutions.

« Je verrais plus, je ne sais pas, si un policier a quelque chose à dire sur une affaire comme ça, est-ce qu'il a une alternative externe », a exprimé M. Pedneaud-Jobin. « Il peut déjà parler au syndicat, il peut déjà parler au boss du boss. Il y a déja des démarches qu'il peut faire. Est-ce qu'on doit en rajouter? Peut-être. »

D'après un reportage de Justine Boutet

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